La croisade personnelle
de Jiang Zemin
Pourquoi le Chef du Parti communiste s'est
opposé au Falun Gong et comment la campagne anti-Falun Gong est devenue son
objectif politique principal.
« Les efforts de Jiang pour faire taire les critiques quant à sa façon de traiter le Falun Gong et d'empêcher le soutien à cette pratique dans d'autres pays occupe une grande place dans son agenda de politique étrangère. En fait, ce sujet domine son agenda sous de nombreux aspects. »
Dr. Shiyu Zhou, professeur à l'université de Rutgers
« Jiang
a mobilisé un mouvement de masse de type Mao contre [ le Falun Gong. ]
Cependant, la critique la plus grave formulée sur la façon dont Jiang traite le
Falun Gong est qu'il semble employer ce mouvement de masse pour réclamer
l'allégeance à lui-même. »
Extrait d'un article de juillet 2000 par l'analyste de CNN pour la Chine, Willy Wo Lap Lam
Annexes (en anglais)
Annexe
A : Résolution 188 du Sénat américain
Annexe
B : L'incident du 25 avril (extrait)
Annexe
C : Bulletin d'informations, 30 Août 2000
Annexe
D : Bulletin d'informations, 19 Octobre 2000
Annexe
E : Rapport devant la Commission exécutive du Congres américain
Annexe
F : Extraits de presse
Nous souhaitons remercier
Amnesty International, le Comité pour la protection des journalistes, Ian
Johnson du Wall Street Journal et beaucoup d'autres dont le travail a été utile
pour révéler la nature vraie du régime autoritaire de Jiang Zemin, et les effets
dévastateurs que ceci a sur les pratiquants de Falun Gong ainsi que sur tous
les chinois. Nous souhaitons également remercier les volontaires du Centre
d'Informations de Falun Dafa de Washington DC, New York, Chicago, Seattle, San
Francisco, Los Angeles et d'autres villes pour avoir offert de leur temps, de
leur diligence et de leur soin pour la réalisation de ce rapport. Surtout, nous
présentons nos respects les plus profonds à ceux qui en Chine font face à
l'emprisonnement, à la torture et même à la mort. Continuez à faire appel
pacifiquement pour les libertés d'expression, d'assemblée et de croyance en
Chine. Les informations présentées dans ce rapport ont été recueillies par une
équipe de chercheurs du Centre d'Information du Falun Dafa. Quelques extraits
ont été pris d'articles publiés par le Wall Street journal, le Washington Post,
CNN, et le New York Times.
Auteurs du Rapport:
M. Tao Wang, Washington DC
M. Levi Browde, New York
M. Jason Loftus, Toronto, Canada
Editeurs du Rapport
Dr. Shiyu Zhou, Philadelphie
M. Stephen Gregory, Chicago
Traduction en français
Centre d'Information du Falun Dafa en France
Information de base
Qu'est-ce que le Falun Gong?
Le Falun Gong (également appelé Falun Dafa) est une forme antique de qigong,
une pratique pour raffiner le corps et l'esprit par des exercices et la
méditation. Beaucoup appellent le qigong "yoga chinois". Comme le taichi et le yoga, le qigong est une
partie essentielle de la vie de beaucoup de gens en Asie; presque chaque parc
chinois est rempli dès l'aube de personnes pratiquant cet art.
Pourtant Falun Dafa est différent de la plupart des autres pratiques de qigong,
parce qu'il dépasse la recherche de santé et de forme physique pour viser à la
sagesse et au retour à la nature originelle, l'altruisme. Au cœur de la
pratique sont trois principes: Vérité, compassion, et patience. En combinant
l'étude des livres de Falun Dafa et la pratique des exercices, les pratiquants
tâchent de devenir de meilleures personnes en appliquant ces principes dans
tout ce qu'ils font.
L'évolution de Falun Dafa
Falun Dafa a été présenté au public en mai 1992, quand M. Li Hongzhi a donné sa
première conférence dans la ville de Changchun, en Chine. Il a ensuite voyagé
avec plusieurs élèves à l'Exposition Orientale pour la Santé, à Beijing, où le
Falun Dafa a gagné plusieurs récompenses, incitant les organisateurs à inviter
M. Li à donner plusieurs conférences sur les principes de Falun Dafa.
Pendant les deux années et demie qui ont suivi, M. Li a donné des conférences
sur invitation dans presque chaque grande ville de Chine, donnant au total 45
séries de conférences. Toute l'instruction à ce moment-là était supervisée par
l'organisation gouvernementale du qigong, la Société Chinoise de Recherches
Scientifiques sur le Qigong.
Bien que M. Li ait donné sa dernière série de conférences dès la fin de 1994,
la pratique a continué de s'accroître de 1995 à 1999 à une vitesse
exceptionnelle. Pendant ces années, la pratique a été transmise par mot de
bouche et toujours gratuitement, des volontaires coordonnant les sites de
pratique.
Depuis 1995, M. Li Hongzhi a voyagé autour du monde pour participer aux
conférences sur Falun Dafa et discuter de la pratique avec ses élèves. Toutes
les conférences ont été libres et ouvertes au grand public. En 1999, Falun Dafa
était pratiqué dans plus de 40 pays [1].
La persécution de Falun Dafa en Chine
Beaucoup de dirigeants chinois, y compris le premier ministre Zhu Rongji et le
directeur de la Commission des sports, M. Wu Shaozu, avaient applaudi les
bienfaits de santé que la pratique apportait à la nation.[2] Le chef du Parti
communiste, Jiang Zemin, a cependant développé une crainte face à un si grand
nombre de personnes et, croyant que la nature paisible du Falun Gong en faisait
une cible facile, l'a interdit en 1999. Échouant dans son plan d' « éradiquer le Falun Gong en trois mois »
[3], Jiang a intensifié la campagne de propagande pour tourner l'opinion
publique contre cette pratique tout en emprisonnant, torturant et même
assassinant ceux qui la pratiquent.
Les experts dans le domaine de la Chine pointent du doigt la campagne
systématique de Jiang contre le Falun Gong, indiquant qu'elle cache également
un motif secret: Le 9 février 2001, un article de l'analyste principal
pour la Chine de CNN, Willy Wo Lap Lam, citait un des vétérans du Parti
communiste chinois comme ayant déclaré, « En mobilisant un mouvement de masse de type Mao [contre le Falun
Gong.], Jiang force les cadres aînés à faire gage d'allégeance à sa ligne...
cela va amplifier l'autorité de Jiang »
En dépeignant le Falun Gong comme ennemi de l'Etat, Jiang espère mobiliser la
nation dans une lutte avec lui à la barre, et consolider de ce fait sa
puissance.
En date du 14 octobre 2002, le Centre d'Information du Falun Dafa a confirmé
493 décès [4] depuis que la persécution du Falun Gong en Chine a commencé en
1999. En octobre 2001, des sources internes au gouvernement chinois signalaient
que le chiffre réel des morts était de bien plus que 1.600. Or, en octobre
2001, le total des morts confirmées était de 323. Si le chiffre réel de mort
évolue de la même manière que le chiffre confirmé, nous nous attendrions alors
à ce que le véritable chiffre aujourd'hui dépasse les 2.500. En raison des
difficultés extrêmes pour découvrir et vérifier les informations venant de
Chine liées à ces décès, même ce chiffre plus élevé est probablement en dessous
du chiffre véritable des décès.
Par exemple, en mars cette année la police de plusieurs provinces a placé la
ville de Changchun quasiment en état de siège pendant plusieurs semaines. Les
résidents locaux ont rapporté que des douzaines, voire une centaine de
pratiquants de Falun Gong ont été tués. Mais dans ce chaos, peu d'informations
détaillées sur ces décès ont pu être recueillies par le Centre d'Information du
Falun Dafa.
Intensifier la campagne Outre-mer
Peu après que Jiang Zemin ait commencé à persécuter le Falun Gong en Chine, la
communauté internationale a réagi, condamnant ces actions. Le 18 Novembre 1999,
le congrès des Etats-Unis a adopté une résolution commune (Chambre et Sénat),
condamnant la persécution. Ian Johnson, du Wall Street Journal, a à la même
époque commencé à écrire une série d'articles exposant les atrocités commises
contre ceux qui pratiquent le Falun Gong en Chine, qui lui ont plus tard valu
le prix Pulitzer du reportage international. Des gouverneurs, des maires et des
conseillers d'état ont commencé à publier des proclamations appui et
d'encouragement destinés à ceux qui pratiquent et/ou soutiennent le Falun Gong.
Cette réponse de la communauté internationale exerçait une forte pression sur
Jiang pour qu'il mette un terme à sa campagne anti-Falun Gong. Il a cependant
répondu en publiant une directive: « Intensifier
la campagne outre-mer. » [5] Ainsi, les ambassades et les consulats
chinois autour du monde ont commencé à augmenter leurs efforts en dehors de la
Chine pour faire taire les soutiens au Falun Gong, pour perturber les activités
de Falun Gong, voire même pour essayer de les faire interdire. Pendant les trois
dernières années, les fonctionnaires chinois des ambassades et des consulats
ont travaillé à la calomnie et à la persécution du Falun Gong dans différents
pays autour du monde.
Jiang Zemin souhaite à l'évidence faire taire toute critique sur la façon dont
il traite le Falun Gong. Il souhaite également garder le contrôle absolu de ce
que les citoyens chinois entendent et voient au sujet du Falun Gong. La plupart
des Chinois ne savent que ce que les médias gérés par l'Etat disent. Néanmoins,
plus les soutiens reçus par le Falun Gong outre-mer sont nombreux, plus il
devient difficile de les cacher au peuple chinois.
Résumé
« Jiang a mobilisé un
mouvement de masse de type Mao contre [ le Falun Gong. ] Cependant, la critique
la plus grave formulée sur la façon dont Jiang traite le Falun Gong est qu'il
semble employer ce mouvement de masse pour réclamer l'allégeance à
lui-même. »
Extrait
d'un article de juillet 2000 par l'analyste de CNN pour la Chine, Willy Wo Lap
Lam
Qui
est Jiang Zemin ?
Jiang
Zemin est arrivé au pouvoir à la faveur du massacre de la place Tiananmen. La
ligne dure dans le parti communiste avaient été impressionnée par sa bonne
volonté à s'aligner avec le Parti, et l'ont donc nommé au plus haut poste de la
nation le 24 juin 1989.
Pendant
sa présidence, Jiang a mis en application un système - donner des avantages
économiques somptueux à ses défenseurs potentiels afin de se consolider une
base de puissance dans le Parti. Comme Jiang a continué à distribuer des
richesses et des avantages à son cercle d'influence, cependant, beaucoup des
problèmes de la nation ont été laissés en suspens.
Pourquoi
Jiang persécute-t-il Le Falun Gong ?
Jiang
a pensé que la diffusion massive du Falun Gong dans tout le pays dans le
seconde moitié des années 1990 était une menace, mais en même temps une bonne
occasion pour lui. Le Falun Gong était une menace, a-t-il senti, parce qu'il y
avait tant de personnes le pratiquant, et parce que le Falun Gong est enraciné
dans la culture et les valeurs traditionnelles chinoises, quelque chose que le
parti communiste a passé des années à essayer de supprimer du pays.
Cependant,
pour Jiang, le Falun Gong a également été une occasion.
Avec
les problèmes endémiques de corruption, de chômage et de pauvreté, la pression
publique sur Jiang augmentait. Ainsi, utiliser les forces de la nation pour une
campagne politique contre un « ennemi
public » pouvait non seulement détourner l'attention de Jiang, mais
également fournir toutes les conditions nécessaires pour exiger que ses rivaux
s'alignent à lui, consolidant de ce fait sa puissance dans le Parti.
Ainsi,
le soir du 20 juillet 1999, Jiang a lancé dans tout le pays une campagne de
persécution contre une pratique paisible, et depuis cette époque, a
continuellement été le moteur des escalades de la violence de cette campagne.
Le
branle-bas de combat de l'appareil de sécurité nationale
Pour
mettre en application la persécution, le 10 juin 1999, Jiang a établi le bureau
6-10, une entité illégale et au dessus de la loi directement dépendante du
Politburo, avec pouvoir d’action sur le pays tout entier.
Avec
une approche descendante de « à tout
prix », Jiang a entraîné tout l'appareil de sécurité de la nation dans
un système de corruption, d'extorsion et de torture systématique. Ceux qui se
chargent de la persécution des pratiquants de Falun Gong sont, eux-mêmes, des
victimes qui sont souvent forcées de choisir entre leur conscience et leur
travail, entre leur sens du devoir vis-à-vis du peuple et leur vie. C'est un
système qui a transformé des villes chinoises en prisons de la mort, où la
police locale torture régulièrement des habitants jusqu'à la mort, comme
rapporté dans la série d'articles de Ian Johnson dans le Wall Street
Journal.
Le
prétexte
Contrairement
à l'idée de Jiang que la nature paisible du Falun Gong en faisait une cible
facile, Falun Gong a répondu par des appels pacifiques constants, déterminé à garder
ses droits à la liberté de parole, d'assemblée et de croyance, garantis par la
constitution chinoise. Ainsi, la campagne de Jiang pour écraser le Falun Gong
en trois mois a échoué, et la campagne en est maintenant à sa quatrième année,
avec toujours plus de critiques de la part de la communauté internationale.
Recherchant de bonnes relations internationales pour se créer une base stable
en Chine, Jiang s'est donné beaucoup de peines pour suffoquer ces critiques,
mettant la question du Falun Gong au premier rang de son ordre du jour des
relations avec les autres nations. Pousser les autres nations à fermer les yeux
sur la situation du Falun Gong en Chine, et en même temps étouffer les soutiens
à cette pratique hors de Chine, est devenu un point central de chaque voyage
fait par Jiang hors de Chine depuis 1999.
1. Qui est Jiang
Zemin ?
Dirigeant
du parti communiste chinois, de l'armée chinoise, et du gouvernement chinois
dans une nation de plus de 1,3 milliards de personnes, Jiang Zemin est
peut-être un des dirigeants les plus puissants du monde. Cependant, la plupart
des gens savent très peu à son sujet, et ignorent tout de son accession au
pouvoir et de ses méthodes comme chef du régime communiste chinois.
On
peut dire que Jiang est le plus grand bénéficiaire du massacre d'étudiants sur
la place Tiananmen en juin 1989. C'est après le massacre que le secrétaire
général Zhao Ziyang a été évincé et Jiang nommé au poste suprême.
De
personnel technique jusqu'à maire de Shanghaï
Pendant
les quatre premières décennies du parti communiste chinois, Jiang Zemin est
monté de façon constante, commençant comme un modeste membre d'une équipe
technique. Ceux qui ont connu Jiang à ses débuts disent qu'il n'avait pas vraiment
une philosophie ou une idéologie directrice comme ont eu Mao Zedong et Deng
Xiaoping. Mais il a par contre eu un flair certain pour se positionner du côté
avantagé lors des tumultueuses campagnes politiques qui ont fait le quotidien
du parti communiste pendant plusieurs décennies.
Pendant
la révolution culturelle en Chine, la plupart des fonctionnaires qui se
tenaient aux valeurs traditionnelles ont été démis de leur poste. Jiang est
parvenu à en échapper sans dommages, a continué à grimper les échelons et, dans
les années 1980, est devenu maire de Shanghaï, la plus grande ville de Chine.
Jiang
Zemin et le massacre des étudiants en 1989
En
1989, après une décennie de réforme économique et d'ouverture, beaucoup en
Chine commençaient à apprécier les idéaux occidentaux de liberté et de
démocratie. Un journal de Shanghaï, le World Economic Daily, était devenu très
populaire pour sa bonne volonté à publier des textes considérés comme trop
sujet de controverse pour les colonnes de la plupart des journaux gérés par
l'Etat. Au printemps de 1989, Jiang avait publiquement exprimé son appui au
journal et indiqué au rédacteur, Qin Benli, que le comité municipal de Shanghaï
travaillerait à faire réduire les pressions sur le World Economic Daily. Un
mois plus tard, le World Economic Daily organisait un service
commémoratif pour un membre décédé du Parti qui avait recherché la réforme
politique. Ce rassemblement avait rassemblé beaucoup d'étudiants. Des
dirigeants chinois comme Deng Xiaoping, bien que non opposés à l'idée de
réforme économique, avaient toujours cru en la puissance absolue du Parti. Le
26 Avril, donc, la première page du Quotidien du Peuple géré par l'Etat
appelait le rassemblement d'étudiants une insurrection.
Jiang
agit rapidement.
Presque
immédiatement, il organisa une réunion avec des milliers de fonctionnaires du
gouvernement. Il y annonça que Qin Benli serait renvoyé de son poste et que le
World Economic Daily serait arrêté. La décision déclencha de grandes
protestations mais impressionna les têtes dures du Parti communiste dans
Beijing. Moins de deux semaines plus tard, des centaines d'étudiants étaient
massacrés place Tiananmen. Zhao Ziyang, qui avait semblé sympathique aux
étudiants, fut évincé de son poste de secrétaire général et Jiang fut mis à sa
place.
Jiang
consolide sa puissance : promotions, dessous de table et corruption
Bien
que Jiang Zemin ait pris le poste de secrétaire général à la suite du
massacre de Tiananmen en 1989, l'ancien chef chinois Deng Xiaoping, qui
avait nommé Jiang, continuait à tenir les rênes du pouvoir. Quand Deng Xiaoping
décéda en 1997, cependant, Jiang Zemin se trouva non seulement à la tête du
parti communiste chinois, mais devint président; et se plaça ainsi au somment
de l'échelle politique. Mais à la différence de Mao Zedong, qui avait fondé la
République Populaire de Chine, ou de Deng Xiaoping qui avait mené la Chine à la
prospérité et à la force, Jiang Zemin était largement considéré comme quelqu'un
qui avait peu accompli en tant que chef de la nation. Jiang savait que sa
position était peu stable et il a immédiatement pris des mesures pour
consolider sa puissance. Les chinois, après avoir supporté pendant 30 ans la
pauvreté et l'isolement dans le monde sous Mao, et après avoir apprécié un goût
de réforme économique et d'amélioration des conditions de vie sous Deng,
craignaient de redevenir pauvres. Jiang Zemin a tiré profit de cette crainte.
Si
Jiang ne pouvait pas gagner le respect de l'élite du Parti, il pouvait par
contre modeler cette élite, la rendre dépendante de lui pour la richesse et les
privilèges. Le 24 Octobre 1997, six mois après la mort de Deng, Jiang Zemin
avait déjà nommé 152 nouveaux généraux alors que dans les 10 années
précédentes, Deng Xiaoping en avait seulement nommé 16. Jiang a également
permis à certains groupes de personnes favorisées tels que les vétérans du
Parti, de l'armée, les fonctionnaires des gouvernements locaux, les
intellectuels, et quelques hommes d'affaires de gagner de grands avantages
matériels grâce à leurs connections avec l'Etat. Cette indulgence délibérée
pour la corruption a engendré le chaos dans les systèmes économiques et sociaux
et sérieusement érodé la moralité de la classe régnante.
Les
éditoriaux des médias gérés par l'Etat ont élevé la campagne d'auto-promotion
de Jiang à un niveau de vertu nationale, « Nous devons toujours nous rassembler autour du Président Jiang, et
adopter ses points de vues. » La récente campagne qui pousse les
chinois à « apprendre les Trois
Représentations de Jiang profondément et les appliquer partout » est
une autre variante de ce même thème.
Ceux
qui ne désiraient pas adopter l'idée que le bien-être de Jiang devait être le
principe central de la politique chinoise ont fait face aux conséquences. Le
magazine Zheng Ming de Hong Kong a signalé que 157 généraux vétérans avaient
été forcés à une retraite anticipée en 2001 parce qu'ils n'étaient pas
enthousiastes face à cette campagne d'auto-promotion de Jiang. 50 de ces
généraux ont été forcés de quitter complètement l'armée.
2. Les raisons de la persécution du Falun
Gong
« Au
départ, beaucoup d'observateurs de la Chine ont cru le nombre de personnes
pratiquant le Falun Gong - 70-100 millions d'après la propre évaluation du gouvernement
chinois en 1998 – était considérée comme une menace par le chef du Parti
Communiste, Jiang Zemin. Au cours des trois dernières années, cependant,
beaucoup d'informations ont pu suggérer que cette hantise de Jiang à
'éradiquer' Le Falun Gong est plus profondément enracinée dans les craintes et
les ambitions personnelles de Jiang lui-même. Pour Jiang, c'est un croisade
personnelle, sur laquelle il a mis en jeu toute sa carrière politique. »
--
Dr. Yingnian Wu, UCLA
70-100
Millions de personnes. Une inquiétude croissante ?
Enracinée
dans la culture chinoise traditionnelle, et ayant des effets
significatifs sur la santé, la pratique de Falun Dafa s'est épanouie en Chine
après son introduction publique en 1992. Entre 1995 et 1999, la pratique s'est
développée à exponentiellement. Une enquête réalisée en 1998 par le
gouvernement chinois avait déterminé que 70 millions de personnes pratiquaient
Falun Dafa. [6]
Dans
la société communiste chinoise étroitement contrôlée, on ne permet à aucun
groupe d'être indépendant de l'autorisation et du contrôle du gouvernement, et
c'est encore plus vrai pour un groupe si énorme. Beaucoup d'observateurs de la
Chine ont cru que seule la taille du Falun Gong avait mis des fonctionnaires
chinois sur leurs gardes. Mais le gouvernement n'a en fait pas essayé de briser
le Falun Gong par suite d'une réflexion. Il avait par deux fois étudié le Falun
Gong à fond. Selon des sources informées, les résultats de la deuxième
recherche ajoutaient à leur conclusion que le Falun Gong est bon pour la santé,
de nature inoffensive et non menaçant vis-à-vis du gouvernement. Donc, même si
la croissance explosive du Falun Gong dans tout le pays a réellement fait
réfléchir les fonctionnaires concernés, ce facteur seul n'a pas pu être le catalyseur
de la persécution qui a commencé en juillet 1999.
Le
cercle de corruption autour de Jiang a créé des ennuis croissants à la Chine
En
1998, des fonctionnaires chinois estimaient que 10% du produit national brut
était détourné par les fonctionnaires corrompus du gouvernement. On rapporte
que le premier ministre Zhu Rongji a une fois dit lors d'une réunion du
gouvernement, « chaque année 80% du
capital des entreprises gérées par l'armée est détourné par les cadres
militaires des plus hauts rangs. »
Alors
que la richesse sociale et économique du pays revenait à quelques favorisés,
les gens du peuple souffraient des pertes croissantes. Selon le livre La Chine
par le fleuve jaune, durant les cinq premières années de la présidence de Jiang
Zemin, la Chine est arrivée à son plus haut taux de chômage, à la plus grande
échelle de dommages écologiques, et au plus grand accroissement du fossé entre
riches et pauvres. Les chiffres de la petite criminalité sont les plus hauts du
monde. Le taux de meurtres dans les villes chinoises est le 5ème du monde. La
contrebande de drogue est en 3ème position, et le jeu illégal en 1ère position.
Avec
cette explosion de la corruption et des problèmes internes en Chine, beaucoup
ont commencé à blâmer l'action de Jiang Zemin.
Jiang
considère le Falun Gong comme une menace sous deux aspects
Avec
une histoire de 5000 ans, la civilisation et la culture chinoises sont
indiscutablement les plus vieilles du monde. Depuis que le parti communiste a
pris le pouvoir en 1949, les différents mouvements politiques ont voulu
supprimer cette culture traditionnelle et ont pour cela dévasté le pays. Ces
campagnes politiques voulaient briser tous les liens avec les traditions de la
Chine, pour ne laisser que l'idéologie communiste dans le cœur et l'esprit du
peuple. La désastreuse Révolution culturelle du Président Mao vers la fin
des années 60 et le début des années 1970 a été l'expression la plus extrême de
cette tendance. Des temples et les monastères ont été détruits. De grands
professeurs du passé, tels que Confucius et Lao Zi, ont été condamnés et
ridiculisés. Les savants et les historiens ont été persécutés.
Dans
toute l'histoire de Chine, l'art du qigong (parfois appelé yoga chinois), a été
une pièce maîtresse de la culture orale et écrite. En tant que forme avancée de
qigong, Falun Gong est ancré dans cette riche tradition, et porte en lui la
sagesse et l'esprit de la Chine antique. Ainsi, avec l'accroissement de la
popularité du Falun Gong dans les années 1990, la Chine n'était pas simplement
témoin du développement d'une pratique de qigong, mais de la réapparition de la
culture chinoise traditionnelle.
À la
différence de la grande majorité des pratiques de qigong qui ont émergé au
début des années 70, le Falun Gong dépasse en effet la seule recherche de santé
physique - son but est la sagesse et le retour à la nature altruiste innée. Au
cœur de la pratique sont trois principes: vérité, compassion, et patience.
Pratiquer le Falun Gong ne signifie pas simplement faire des exercices et de la
méditation. Cela implique de prendre vraiment les principes à cœur, de tâcher
de s'améliorer en appliquant ces principes dans chaque chose.
Alors
que cette pratique s'épanouissait dans tout le pays, le peuple chinois pouvait
voir la façon dont les gens qui pratiquent le Falun Gong traitent les
difficultés avec calme, cherchant le bien des autres dans toutes les
situations.
Dans
les principes du Falun Gong et le fait que les gens en étaient profondément
touchés, Jiang a lui vu une menace à son pouvoir. Il a pu voir que ceux qui
pratiquent le Falun Gong étaient un groupe de personnes qu'il ne pourrait pas
contrôler par la corruption et en leur donnant des avantages.
Et
Jiang a aussi vu que l'opposition de longue date du Parti à la culture chinoise
traditionnelle était quelque chose qu'il pourrait utiliser.
Le
25 avril, 1999. - L' « incident de Zhongnanhai »
Un
événement très remarqué, parce que sans précédent dans le Pékin d'après les
massacres de la place Tiananmen en 1989, a été le rassemblement de 10.000
pratiquants de Falun Gong autour du bâtiment du gouvernement central dans la
capitale, le 25 avril 1999. Il a été considéré par beaucoup comme le principal
tournant dans la position de Jiang sur le Falun Gong. En effet, les événements
du 25 avril se sont avérés être effectivement un point charnière dans la façon
dont Jiang a conduit la persécution du Falun Gong. Mais, depuis juin 1996 quand
des attaques écrites avaient commencé à apparaître dans des journaux gérés par
l'Etat, jusqu'à avril 1999 quand la police avait utilisé la violence dans la
ville de Tianjin, les préparations à la persécution du Falun Gong se faisaient
depuis près de trois ans.
L'incident
de Zhongnanhai a fourni à Jiang une occasion de déclencher une persécution
systématique et d'envergure nationale – pourtant, si on en juge par les
premières attaques en 1996, Jiang avait décidé depuis longtemps d'éradiquer
cette pratique spirituelle.
Conclusion.
Viser le Falun Gong pour « tuer deux oiseaux avec une pierre »
En
juillet 1999, avec l'excuse de l'incident de Zhongnanhai, Jiang a initié un
mouvement de style maoïste contre le Falun Gong. [7]
En
cherchant à éradiquer le Falun Gong, Jiang a espéré éliminer ce qu'il voyait
comme une menace, et dans le même temps détourner la colère du peuple en créant
un « ennemi public » et une
« menace pour la société ».
En promouvant cette campagne politique et en la dirigeant, Jiang a pu se
présenter comme un « défenseur
de la nation ». Si le peuple se rassemblait derrière Jiang, même ses
rivaux dans le Parti seraient forcés de s'aligner à sa position. Ainsi, Jiang a
cherché à tuer deux oiseaux avec une pierre, réprimant un groupe qu'il
percevait comme une menace, et consolidant de cette manière sa puissance
politique.
3. Le bureau
6-10 et le mépris des lois chinoises
« [ la persécution
du Falun Gong ] viole la constitution du régime de la République populaire de
Chine [... ] Jiang Zemin a créé des bureaux '610 ' dans l'ensemble de la
République populaire de Chine avec pour tâche spéciale de coordonner la
persécution des membres de Falun Gong par des lavages de cerveau, des tortures,
et des meurtres [... ] des mesures officielles ont été prises pour cacher
toutes ces atrocités, tels que l'incinération immédiate des victimes, le
blocage des autopsies, et l'attribution des décès à des suicides ou à des
causes normales. »
Résolution
188, passée unanimement par 420 voix contre aucune le 24 juillet 2002,
Parlement américain
La
persécution du Falun Gong par Jiang Zemin a eu pour conséquence la naissance
d'un bureau spécial, extra-constitutionnel et extrajudiciaire, qui ne souffre
d'aucune contrainte dans l'application des ordres - le bureau 6-10.
Le 7
juin 1999, environ un mois avant que la persécution du Falun Gong
ne commence, Jiang Zemin a donné un discours lors de la réunion du Politburo du
Parti communiste, dans lequel il a présenté sa politique d'oppression contre le
Falun Gong. Lors de cette réunion, il a ordonné d’établir ce qu'il a appelé un « groupe directeur spécialisé dans la question
du Falun Gong », et a nommé trois chefs pour ce groupe, dont Li
Lanqing et la tête du Comité judiciaire et politique, Luo Gan. Le 10 juin 1999,
toujours sous les ordres directs de Jiang Zemin, le Comité Central du
Parti communiste Chinois a officiellement instauré un bureau qu'il a
nommé « le Bureau 6-10 ».
Lors
la réunion du 7 juin, Jiang a ajouté : « Les unités du Comité central et du gouvernement dans tous les
ministères et commissions, dans toutes les provinces, régions autonomes, et
municipalités doivent agir en coordination étroite » avec le
"bureau 6-10". Le "bureau 6-10" est devenu un système bien
organisé, indépendant, qui s'étend du gouvernement central aux gouvernements
locaux, et jouit d'une puissance absolue sur chaque niveau de l'administration
dans le Parti, et sur les branches politiques et judiciaires. C'est la plus
haute autorité déployée par Jiang Zemin et ses complices pour persécuter le
Falun Gong.
Le
bureau 6-10 a été utilisé par Jiang sans aucune base légale. C'est en juillet
1999 que Jiang Zemin, par le bureau des affaires civiles (une branche
administrative), a déclaré que le Falun Gong était une organisation illégale.
Or, selon les articles 2, 80, et 81 de la constitution de la République
Populaire de Chine, seul le congrès national du Peuple a la capacité de
déclarer une organisation illégale. Le président ne possède pas une telle
puissance. Pourtant, cet ordre a été le point de départ de la répression du
Falun Gong.
En octobre 1999, le congrès national du peuple a adopté une série de lois au
sujet des sectes. Concernant ces lois, un article du Washington Post le 2
novembre 1999 indiquait : « Quand
[les chefs communistes de la Chine] ont vu qu'ils n'avaient pas de lois pour
persécuter un paisible groupe de méditation, le Parti a simplement ordonné
qu'on passe de nouvelles lois. Maintenant celles-ci vont être appliquées.
Rétroactivement. » Ces lois ont encore une fois été dictées par Jiang
Zemin, qui a utilisé le congrès national du peuple comme simple fantoche. Ceci
dépasse de très loin l'autorité accordée au président par la constitution
chinoise. L'application rétroactive de ces lois pour poursuivre les pratiquants
de Falun Gong et pour les condamner à la prison était également totalement
illégal.
Ces
trois dernières années, le "bureau 6-10" a orchestré la persécution
du Falun Gong et de ses pratiquants. Il a contraint chaque branche politique et
judiciaire et tous les niveaux de gouvernement de mettre en application des
ordres secrets émis par Jiang Zemin : « discréditez le Falun Gong, coupez toutes ses ressources financières,
détruisez physiquement les pratiquants de Falun Gong. »
Les
camps de travail, les centres de détention sous administration civile locale et
le bureau de sécurité publique, les maisons de détention administrative, les
centres de réadaptation pour drogués, les centres de rééducation pour
prostituées sont devenus des outils pour le bureau 6-10 pour détenir, torturer
et tuer les pratiquants de Falun Gong.
Le
"bureau 610" est l'orchestrateur de centaines de milliers de cas de
diffamation, d'extorsion, d'expulsion (de l'école ou du travail), des coups,
des tortures (médiévales et modernes), des viols, des mutilations, des
sodomies, des avortements obligatoires, des électrocutions, des détentions
arbitraires, des abus sexuels et psychiatrique, des disparition, et des
meurtres de pratiquants de Falun Gong.
En date du 22 octobre 2002, plus de 500 pratiquants ont été illégalement
condamnés à des peines de prison. Des milliers ont été envoyés dans des
hôpitaux psychiatriques. Des centaines de milliers ont été arrêtés, détenus ou
envoyés dans des camps de travail sans aucune procédure légale. Les pratiquants
de Falun Gong sont de force séparés de leurs conjoints et enfants, et leurs
amis et parents sont également punis.
4. Mobilisation de
l'appareil de sécurité chinois
« Sous une pression
intense pour refouler le flux des protestataires se dirigeant vers Beijing, les
fonctionnaires de Weifang ont envoyé des unités de police à Beijing, ont tenu
leur propre prison là-bas et ont envoyé les détenus dans des "centres de
transformation" dans leur province d'origine. Ils y ont été battus jusqu'à
ce qu'ils aient renoncé à leur foi, ou sont morts. La férocité de la police de
ces centres n'a fait qu'augmenter après que les fonctionnaires de plus haut
niveau aient commencé à imposer des amendes à leurs subalternes. »
Wall
Street Journal, 26 décembre 2000
Son
nom ne peut pas être révélé car cela lui vaudrait l'emprisonnement et la
torture aux mains de ses camarades policiers - son rang et son matricule ne
sont pas non plus disponibles, mais son histoire est corroborée par un article
écrit en décembre 2000 par Ian Johnson, du Wall Street Journal. Il révèle un
système choquant de corruption et d'extorsion parmi les officiers de police et
le personnel de sécurité dans Beijing, qui leur offre des avantages financiers
quand ils torturent les pratiquants de Falun Gong détenus dans la capitale.
Depuis
1999, les principales organisations de défense des droits de l'homme ont mis en
évidence de très nombreux cas de torture et de meurtres de pratiquants de Falun
Gong, dans pratiquement chaque région de Chine. Ce qui est moins bien compris,
cependant, est la façon dont Jiang Zemin a pu inciter la police et les forces
de sécurité dans tout le pays à un tel effort.
La
pression « du dessus » donne carte blanche pour empêcher les appels
publics du Falun Gong
Pour
mettre en application la persécution, depuis les plus hauts échelons du
gouvernement jusqu'aux plus bas, Jiang et ses partisans ont exercé des
pressions pour obtenir l'appui des policiers et des fonctionnaires à chaque
niveau. En conséquence, beaucoup de fonctionnaires se conforment aux ordres
pour éviter d'être persécutés eux-mêmes, ce qui pourrait signifier perdre leur
emploi, être harcelés ou même jetés dans un camp de travail.
Depuis
que Jiang Zemin a fait de la persécution des pratiquants de Falun Gong sa
première priorité en 1999, le gouvernement central a tenu chaque région
directement responsable de la répression des appels publics pour le Falun Gong
provenant de leurs provinces respectives. Selon l'officier Zhao, si un seuil
indiqué est dépassé, les fonctionnaires locaux seront critiqués par leurs
supérieurs et forcés d'écrire des rapports "d'auto-critique", et
feront face souvent à des pénalités financières ou à d'autres punitions.
Les
fonctionnaires locaux, à leur tour, appliquent la même méthode pour repousser
la responsabilité vers le bas jusqu'aux villes, et finalement jusqu'aux
commissariats de police, aux chefs de police et aux policiers qui administrent
les tortures. Selon l'officier Zhao, ce système de répression locale, connu
sous le nom de "projet de première main," est habituellement dirigé
par le Président du Comité politique et juridique dans chaque localité.
Dans
son article du 12 décembre 2000, Ian Johnson du Wall Street Journal déclarait
que ce système « met une pression
énorme sur les fonctionnaires locaux pour qu'ils se conforment aux directives
centrales - mais leur laisse le libre choix des méthodes mises en pratique »,
ce qui signifie souvent la torture. Ian Johnson rapportait que, à Weifang comme
dans beaucoup d'autres villes, cette politique menait à « des décisions tragiques », et que
la cruauté de la police « n'avait
fait qu'augmenter après que les fonctionnaires de plus haut niveau aient
commencé à imposer des amendes à leurs subalternes pour chaque protestataire
qui était arrivé dans la capitale. »
La
corruption pour éviter les punitions « d'en haut »
Quand
un pratiquant est arrêté à Beijing, le premier travail pour la police de
Beijing est de savoir de quelle région la personne vient. Les policiers doivent
alors faire leur rapport au "bureau 610" et indiquer combien de
pratiquants ont été arrêtés pour chaque région.
L'officier
Zhao indique "Pour que les appels des pratiquants ne soient pas
enregistrés, afin de ne pas ternir l'image des fonctionnaires locaux
responsables de la répression du Falun Gong, dans le commissariat de police de
Tiananmen qui persécute des pratiquants de Falun Gong, des policiers de
patrouille au chef de département, tous sont la cible de la corruption par les
gouvernements régionaux ou locaux. Les prix pour obtenir la fiche faite par la
police sur un pratiquant est entre 200 et 500 RMB, ou même plus
haut." Selon l'officier Zhao, peut-être seulement un cas sur dix des
pratiquants arrêtés place Tiananmen est rapporté. Ceci peut expliquer les
nombreux cas de personnes disparues, et aussi la différence entre les paroles
des marchands de la place Tiananmen qui disent que les appels publics pour le
Falun Gong sont quotidiens, et celles des policiers qui affirment qu'ils sont
rares.
Selon
le policier, le commissariat de police de Tiananmen n'est pas le seul à
recevoir de telles "bonifications". Les divers départements dans
Beijing qui compilent les noms de pratiquants de Falun Gong tels que le bureau
de sécurité publique, le bureau de sécurité nationale, les bureaux des branches
ferroviaires, les bureaux d'appels, différents centres de détention, et le
"bureau 610" lui-même y participent.
La
torture pour l'argent
Persécuter
des pratiquants de Falun Gong est devenu une source de revenus tout à fait
profitable pour beaucoup de départements. Pour recevoir les dessous de table,
les policier doivent rapidement obtenir les adresses de ceux qui ont fait appel
dans Beijing. Pour obtenir cette information, les policiers essaient de duper
les pratiquants ou bien les battent. Si aucune de ces méthodes ne fonctionne,
ils envoient les pratiquants dans des centres de détention pour davantage de
torture afin d'obtenir l'information.
L'occasion
de recevoir des dessous de table, combinée avec la menace de punition s'ils ne
peuvent obtenir les adresses des pratiquants a eu comme conséquence
l'application systématique et impitoyable de la torture. Pour le dire
simplement, certains policiers ne reculent devant aucun moyen d'obtenir
l'information désirée, non pas parce qu'ils sont d'accord avec la politique du
gouvernement, mais pour gagner quelques Yuan.
L'officier
Zhao conclut: "la persécution des pratiquants de Falun Gong est devenue
une manière efficace pour les départements concernés dans Beijing de faire de
l'argent. C'est pourquoi ils font de leur mieux pour découvrir l'identité des
pratiquants." La police dans le commissariat de police de Fuyou a révélé
que leur équipement de bureau et les climatiseurs ont été obtenus grâce aux
dessous de table d'une province.
Perte
de soutien
Cependant,
car plus de policiers connaissent maintenant le Falun Gong, beaucoup sont peu
disposés à aller dans le sens de la corruption et de la persécution. Scott
Chinn de New York témoigne que, quand il était détenu à Beijing après avoir
fait appel pour le Falun Gong, un policier lui a montré un message qu'il avait
inscrit sur l'écran de son téléphone portable ; il a lu: "je sais que le
Falun Gong est bon. Je suis terriblement désolé." Une pratiquante de Falun
Gong de Toronto, qui appelle souvent les commissariats de police chinois, a
partagé une conversation qu'elle a eue avec le directeur en chef d'un
département de police: "à la fin de notre discussion il m'a dit
sincèrement qu'il ne torturerait plus des pratiquants de Falun Gong".
En
effet, beaucoup de policiers, comme celui qui a fourni les informations au
sujet de "la torture pour l'argent", ont décidé de ne pas persécuter
des pratiquants de Falun Gong. La persécution de Jiang a ainsi mis ces
policiers et fonctionnaires dans une position dans laquelle ils doivent choisir
entre le bénéfice et l'absence de punition d'une part, et leurs principes
moraux de l'autre. Et dans cette situation, on peut dire qu’eux aussi sont
victimes de cette persécution.
5. La question du Falun Gong dans l'agenda
de politique étrangère
« Depuis
que Jiang Zemin est venu au pouvoir après le massacre de la place Tiananmen, le
point focal des relations étrangères de la Chine, y compris dans une certaine
mesure les relations économiques avec l'Ouest, a été les droits de l'homme.
Depuis que la persécution de Falun Gong a commencé en juillet 1999, le Falun
Gong est devenu la question la plus proéminente sur les droits de l'homme en
Chine. Les efforts de Jiang pour faire taire les critiques quant à sa façon de
traiter le Falun Gong et d'empêcher le soutien à cette pratique dans d'autres
pays occupe une grande place dans son agenda de politique étrangère. En fait,
ce sujet domine son agenda sous de nombreux aspects. »
-
Dr. Shiyu Zhou, professeur à l'université de Rutgers
John
Kamm est un ancien président de chambre de la commerce des USA à Hong Kong. En
1991, Kamm a abandonné le monde des affaires et a fondé Dui Hua,
"dialogue", une organisation à but non lucratif basée à San Francisco
qui travaille pour la libération des personnes illégalement emprisonnées en
Chine. D'après le New York Times, aucune autre personne ou organisation dans le
monde, y compris le département d'Etat [des États-Unis], n'a aidé plus de
prisonniers chinois. [8]
Pendant
un entretien avec des étudiants en droit de l'Université de New-York à
l'automne 2000 concernant son succès dans les pourparlers avec les
fonctionnaires chinois pour la libération de prisonniers, Kamm a indiqué trois
choses que le régime chinois voulait absolument:
1)
l'entrée dans le WTO (World Trade Organisation - Organisation mondiale du
commerce)
2)
Les Jeux Olympiques de 2008
3)
Cesser d'être critiquée sur les droits de l'homme, en particulier par les
États-Unis et l'ONU.
La
Chine a gagné les Jeux Olympiques et l'entrée dans le WTO. Ne plus être
critiquée sur les violations de droits de l'homme, cependant, reste un objectif
difficile. Les droits de l'homme en Chine se sont nettement dégradés ces
dernières années. [9]
Pour
Jiang Zemin, étouffer les critiques sur les droits de l'homme demeure une
grande priorité dans ses relations et ses négociations avec la communauté
internationale. Pour comprendre les manœuvres de Jiang sur la scène
internationale, il est nécessaire de comprendre d'abord la façon dont Jiang
traite la question du Falun Gong dans ses relations avec d'autres nations.
Consolider
sa puissance à l'intérieur en polissant son image à l'étranger
Pendant
le 16ème congrès du Parti cette année, il est prévu que Jiang Zemin abandonne
son poste de dirigeant, pour laisser la place à la 4ème génération de
dirigeants chinois.
Tout
comme Deng Xiaoping avant lui, cependant, Jiang ne fait aucun secret de sa
volonté de garder les rênes du pouvoir en coulisses. Pour faire ainsi, il a
besoin d'une base consolidée de puissance politique en Chine. Sous la
présidence de Jiang, cependant, les droits de l'homme ont nettement empiré. Le
30 Mai 2001, Amnesty International a attribué à Jiang Zemin et 4 autres
dirigeants le titre de "canaille dans le domaine des droits de
l'homme". En 2001, le Comité pour la protection des journalistes a aussi
considéré Jiang un des dix principaux "ennemis de la presse" pour la
cinquième année d'affilée. Pour soutenir son image à l'étranger, Jiang a recours
aux mêmes méthodes et tactiques qu'il a éprouvées en Chine – inonder les
défenseurs potentiels d'avantages financiers (le dernier exemple est
l'annulation de la dette du Cambodge après que celui-ci ait livré plusieurs
réfugiés protégés par l'ONU à la Chine – dont des pratiquants de Falun Gong),
tout en utilisant des moyens autoritaires pour suffoquer les voix dissidentes.
Jiang a accordé des faveurs financières et politiques aux pays qui ont voulu
accepter des compromissions.
La
raison fondamentale pour laquelle les médias et les gouvernements du monde
n'ont pas été plus expressifs au sujet de la plus grande crise de droits de
l'homme en Chine depuis la place Tiananmen est que Jiang Zemin utilise tous les
actifs financiers à sa disposition pour garder la question du Falun Gong et des
droits de l'homme sous clef. Voici quelques illustrations.
L'ancien
Président Américain Bill Clinton
Lors
d'un sommet avec le Président Bill Clinton pendant le sommet de l'APEC en
Nouvelle-Zélande, en 1999, Jiang Zemin a fait clairement savoir son souci que
les Etats-Unis montrent une attitude "correcte" sur la question du
Falun Gong. Parmi la gamme des questions importantes discutées, seule la
question de Falun Gong a été directement abordée par Jiang Zemin, qui a
d'ailleurs offert un livre à ce sujet au Président Clinton. Associated Press
rapportait: "La Chine et les Etats-Unis ont cherché à renouer les liens
récemment endommagés, et le Président Jiang Zemin a donné au Président Clinton
un cadeau peu commun: un livre défendant l'interdiction par la Chine du
mouvement populaire de méditation [ Falun Gong ]. Pendant leur sommet samedi,
Jiang a remis à Clinton un livre prétendant exposer les crimes commis par Li
Hongzhi, fondateur du Falun Gong… le livre de 150 pages en anglais est une
implacable propagande des médias entièrement gérés par l'Etat de la
Chine."
L'article
précisait que "Loin d'être un exercice académique, le cadeau de Jiang
semble prévu pour se diriger vers un nouveau conflit sur les droits de
l'homme." [10]
Allemagne
Le
chef du Parti communiste chinois, Jiang Zemin, a visité Allemagne début avril
2002. Parmi les manifestants lors de sa visite étaient des pratiquants du Falun
Gong, dont la présence a été rapporté par l'agence de presse allemande Deutsche
Welle: "Quelques 400 membres de Falun Gong, tous avec des intentions
apparemment paisibles, sont venus à Berlin et ont organisé des protestations
silencieuses aux endroits visités par Jiang. La plupart assis avec les jambes
croisées sur les trottoirs, méditant, alors que d'autres tenaient des
banderoles s'opposant à la politique de Beijing." [11]
Malgré
la nature paisible de la présence de Falun Gong cependant, le deuxième jour de
sa visite, Jiang a fait une série bizarre de demandes, menaçant de quitter
l'Allemagne si elles n'étaient pas satisfaites, laissant les contacts
importants entre constructeurs automobiles des deux pays en suspens aussi bien
que d'autres affaires importantes non finies. Les demandes de Jiang incluaient:
1)
Expulsions d'Hôtel: Tous les asiatiques demeurant à l'hôtel de Jiang,
l'Aldon, pendant sa visite ont été de force expulsés, y compris des citoyens
des Etats-Unis, de l'Allemagne, du Canada, et d'autres pays. Les employés
asiatiques de l'hôtel ont été également mis en congé pendant la visite de
Jiang.
2)
Interdiction de la couleur jaune: Les pratiquants du Falun Gong
emploient généralement la couleur jaune sur les T-shirts et les bannières
utilisés pendant leurs paisibles appels publics. Jiang a ordonné que toute
personne habillée en jaune soient écartée de sa vue. Des citoyens allemands se
sont plaints d'avoir été arrêtés et interrogés par la police en raison de leur
habillement.
3)
Emploi de la force: Les pratiquants de Falun Gong qui sont parvenus à
montrer un signe distinctif ou à dire "le Falun Dafa est bon" sur le
passage de l'escorte de Jiang ont été violemment appréhendés par les agents de
sécurité chinois et par la police allemande, guidée par la délégation chinoise.
Islande
Encore
une fois sous la pression de Jiang Zemin de ne permettre aucune présence du
Falun Gong dans le pays pendant sa visite, la démocratie la plus ancienne du
monde, l'Islande, a pour la première fois de son histoire probablement recouru
à un centre de détention pour retenir des gens en raison de leur croyance.
Le 7
Juin 2002, l'ambassade du Danemark à Washington DC a commencé à informer les
demandeurs de visa pour Islande qu'on ne pourrait pas les leur accorder parce
que le siège des services d'immigration islandais avait donné l'ordre de barrer
le passage à toute personne détentrice d'un passeport chinois ou taïwanais
jusqu'au 18 juin.
Le 10
Juin, Associated Press signalait qu'une école avait été réquisitionnée pour
servir de centre de détention pour les pratiquants de Falun Gong arrivant en Islande
au moment de la visite du Président Jiang. D'après les appels téléphoniques des
pratiquants de Falun Gong cherchant à entrer en Islande, 20 porteurs de
passeports taiwanais ont été arrêtés à la frontière islandaise le lundi 10 juin
et ont été mis dans une école aménagée en centre de détention. Des citoyens
canadiens et américains arrivés à l'aéroport de Reykjavik le 10 juin ont appelé
depuis leur téléphone portable pour dire qu'ils avaient été arrêtés et étaient
emmenés en autobus jusqu'au centre de détention.
Le 14
Juin 2002, des dizaines de personnes du monde entier ont eu la surprise
de constater que leurs plans de voyage vers l'Islande pour participer à un
appel pacifique avaient été bloqués par le régime communiste chinois. Arrivant
à la porte d'embarquement des vols d'IcelandAir dans différentes villes en
Europe et en Amérique du Nord, beaucoup ont appris que leur nom était sur une
liste noire parce qu'ils pratiquent le Falun Gong. Selon un rapport du 8 juin
dans un journal Islandais, cette liste qui n'a pas été rendue publique a été
compilée par le gouvernement chinois et fournie aux fonctionnaires islandais
longtemps avant que le Président Jiang Zemin n'arrive. La liste identifie des
ressortissants chinois aussi bien que des citoyens de plusieurs pays
démocratiques occidentaux.
Conclusion
Au printemps 1998, le
fleuve Yangtze avait débordé et menaçait d'inonder la région. Jiang Zemin
visitait la ville de Wuhan pour observer les secteurs mis en danger. Un groupe
travaillant aux digues a attiré son attention. Ils travaillaient avec ardeur et
avec grand enthousiasme. La partie de la digue dont ils s'occupaient était
épargnée par l'inondation. Jiang était très content. Il demanda qui étaient ces
ouvriers. Quand on lui a dit qu'ils étaient des pratiquants de Falun Gong
locaux qui avaient offert leur aide, il partit dans une fureur, tourna les
talons et s’en alla.
Ce rapport a cherché à
illustrer deux motifs pour la persécution du Falun Gong par Jiang Zemin:
l'ambition et la crainte. Comme illustré par l'histoire de fleuve Yangtze, il y
a un troisième composant qui a alimenté son opposition au Falun Gong : la
jalousie.
Jiang est dans l'histoire
de la Chine communiste le troisième des grands dirigeants, mais il est
conscient que son prestige auprès du peuple ne peut approcher celui qu'ont eu
Mao et Deng. Malgré leurs failles, ils étaient perçus par le peuple comme des
hommes de principe, des visionnaires qui avaient inspiré la nation.
Jiang a réussi à dans la
politique torturée du Parti communiste chinois précisément parce qu'il ne s'est
embarrassé d'aucun principe particulier. Il a appris à profiter des occasions,
à choisir le côté des gagnants, et à se protéger. Mais, si l'opportunisme
pouvait être une stratégie de survie, il fallait plus pour satisfaire les
ambitions toujours croissantes de Jiang.
Ainsi, Jiang a régné sur la
Chine de la même manière et dans le même esprit que ce qui a fait sa
progression politique. Il a corrompu des personnes influentes afin d'acheter
leur fidélité.
Dans le Falun Gong, Jiang a
vu une croyance qui pouvait inspirer les chinois, ce que lui ne pouvait faire.
Il a vu un groupe qui n'avait pas besoin des moyens que lui utilisait pour
gagner de l'influence. En persécutant le Falun Gong, Jiang a cherché à
consolider son pouvoir, et à détruire un groupe qu'il percevait comme une
menace.
Les moyens qu'il a
employés, une campagne de propagande basée sur la désinformation et le
mensonge, ont pu satisfaire son désir de domination, mais pas lui fournir la
stature qu'il recherchait. Il peut en fait dominer tant qu'il tient les rênes
du pouvoir, mais il ne peut se reposer sur l'estime du peuple. Et cet échec le
pousse plus avant dans la persécution.
Les mensonges de Jiang, et
ses profits ne peuvent pas changer les faits. Il y aura toujours des gens pour
servir d'inspiration à leurs compatriotes par leur conduite, des gens pour
endiguer les inondations quand nécessaire, des gens pour répondre aux besoins
les plus profonds.
Les observateurs de la
Chine discutent depuis longtemps du problème de la corruption parmi les
fonctionnaires chinois et du non-respect des lois sous le communisme. Jiang, on
peut le dire, est une espèce nouvelle dans le communisme chinois - un dirigeant
pour qui la corruption a été le moyen principal de garder le pouvoir.
[1] d'après le nombre de
pays indiquant des sites de pratique du Falun Dafa sur le site Internet
principal du Falun Dafa, www.falundafa.org, en août 1999.
[2] U.S. News & World Report report “An opiate of the masses
?”; 22 février 1999
[3] Voir annexe C
[4] Voir www.infofalungong.net pour
des statistiques mises à jour
[5] Voir annexe D
[6] The New York Times “Notoriety Now for Exiled Leader of Chinese
Movement”; 27 avril 1999
[7] Voir annexe F
[8] “John Kamm’s Third Way,” The New York Times; 3 mars 2002
[9] Rapport annuel Amnesty International 2001
[10] Associated Press, 12 septembre 1999
[11] Deutsche Well: “Berlin Tastes Tiananmen” avril 2002