La
répression du Falun Gong,
une seconde « Révolution Culturelle » en Chine
Le Falun Gong subit les foudres du
régime chinois depuis 1999, période à laquelle sa
popularité n'a plus été acceptée par certains
dirigeants chinois, qui y ont vu une concurrence directe au Parti Communiste.
Interdit et férocement réprimé depuis le 20 juillet 1999,
il offre pourtant depuis 4 ans l'exemple d'une résistance populaire
pacifique contre laquelle les arrestations et les tortures ne peuvent rien.
Le Falun Gong ("méthode de la Roue de la Loi") est une des
nombreuses pratiques traditionnelles chinoises regroupées sous le nom de
"Qigong". Elle s'est popularisée en
Chine au début des années 90 avec d'abord le soutien du
gouvernement chinois qui voyait d'un bon œil ses effets positifs en terme
de santé et de moralité.
Les exercices comme le Qigong sont un héritage
culturel millénaire, qui enseigne des principes philosophiques
taoïstes, bouddhistes ou confucianistes. Le point commun des
méthodes traditionnelles est d'insister sur la vertu, la bonté
(en Asie, corps et esprit sont considérés comme une même
chose). La popularité du Falun Gong s'explique sans doute par le fait
qu'il a permis au peuple chinois de renouer avec cet héritage culturel,
tout en offrant un chemin vers plus de sagesse et de spiritualité. Pour
autant il n'est pas une religion et s'est toujours transmis gratuitement et
sans inscription, sous la forme d'une pratique libre.
Le Falun Gong est rapidement devenu un phénomène sans
précédent de par l'ampleur de sa popularité : le
gouvernement chinois estimait en 1998 à 80 millions(1) le
nombre de personnes s'y exerçant, ce qui explique en partie la
répression qu'il subit aujourd'hui. En 1999, le président chinois
Jiang Zemin l'a interdit sous l'accusation d'être une "organisation
illégale perturbant l'ordre public." L'argumentaire a ensuite
évolué, qualifiant le Falun Gong de "religion
diabolique" puis d'ennemi de la Chine "allié à des
puissances étrangères."
En Chine, sa répression présente des parallèles frappants
avec la Révolution Culturelle. La politique répressive implique
la participation active de chaque ville et jusqu'à chaque citoyen,
récompensé en cas de dénonciation d'un pratiquant de Falun
Gong. Une propagande télévisée régulière
appelle le peuple chinois à combattre et détruire "l'ennemi
intérieur" en l'accusant de tous les crimes imaginables, et incite
le peuple chinois à la haine.
Les pratiquants de Falun Gong arrêtés subissent
systématiquement un lavage de cerveau dans des centres
spécialisés, organisés pour chaque arrondissement des
grandes villes ainsi qu'au niveau cantonal et régional. Des personnes
disparaissent ainsi pendant des mois, sans que leur travail ou leur famille
puisse avoir de nouvelles d'eux. Ceux que les pressions, les drogues et les
mauvais traitements n'ont pas "transformés" et qui ont
refusé de renier leur croyance sont envoyés dans des camps de
travaux forcés ou condamnés à la prison. Les fonctionnaires
chinois sont récompensés financièrement ou punis fonction
de leurs résultats dans la "transformation" des pratiquants,
et ont liberté absolue en terme de méthode(2).
"Les cas de mort seront considérés comme des
suicides"
La torture est ainsi devenue un outil systématique pour briser la
volonté et détruire psychologiquement les pratiquants de Falun
Gong, appuyée par la garantie d'impunité offerte par les ordres
de Jiang Zemin : "Ruinez-les, détruisez leur réputation,
éliminez-les". Les moyens incluent les coups, les
électrochocs, les dispositifs mécaniques pour briser les membres
ou arracher les dents, la noyade, le froid, l'isolement pendant des mois dans
des cages sans lumière, trop basses pour tenir debout et trop
étroites pour s'allonger….
Plusieurs milliers de personnes seraient mortes suite aux tortures, dont plus
de 800 sont déjà identifiées. D'après le
gouvernement chinois(3), 73 000 pratiquants de Falun Gong sont
emprisonnés dans des camps de travaux forcés, chiffre que les
spécialistes de la Chine multiplient en général par 5.
Depuis 4 ans, les pratiquants de Falun Gong font face à cette
persécution avec pacifisme, mais avec courage et détermination.
En Chine, par des brochures, coups de téléphone, et même en
utilisant la télévision d'Etat, ils informent sans relâche
le peuple chinois de la réalité de la répression, et de
l'innocence de leur pratique ; à l'étranger, ils recensent les
cas de tortures et de mauvais traitements et animent des sites Internet
d'information.
C'est la première fois de l'histoire de la Chine contemporaine que la
dictature, malgré tous ses moyens et sa violence, échoue à
détruire un groupe. Les pratiquants de Falun Gong résistent et
s'en tiennent à leur éthique : authenticité, compassion,
patience.
Extraits de témoignages récents (pris sur une période
d'une semaine et demi, en janvier 2004) :
[…] "Mais, il était plus difficile de supporter notre
douleur mentale que les douleurs physiques. Chaque jour nous avions une grande
inquiétude. Quand nous levions chaque matin, nous n'étions pas
sûres de ce qui se produirait ce jour là. Quand la police appelait
un pratiquant, nous nous inquiétions pour lui ou elle, nous demandant ce
qui se produirait et s’il ou elle reviendrait. Chaque nuit, nos
ravisseurs faisaient l'appel de présence avant le coucher. Nous nous
voyions pendant l'appel de présence, mais quelqu'un pouvait ne pas
être présent le matin suivant ; il disparaissait sans aucune
trace. C’était un grand réconfort de nous voir le matin et
nous nous encouragions, même avec juste un coup d’oeil ou un sourire rapide. Sous une telle pression, les
cheveux de certains sont devenus blanc. Maintenant, je dois teindre mes
cheveux."
---
« Zhang
Siying a un problème mental. Il
n’accepte pas l’argent que je lui donne et il insiste pour
pratiquer le Falun Gong. Cela ne montre-t-il pas qu’il a un
problème mental ? » (phrase du
policier Wang Tianyi)
Le jour
suivant, Wang Tianyi a amené plusieurs hommes
pour enlever M. Zhang et le placer dans l’hôpital psychiatrique de
Zhoukou pour continuer à le persécuter. Quelques jours plus tard,
la mère de Zhang, âgée de plus de 70 ans, a finalement
situé l’hôpital avec grande difficulté. M. Zhang a
dit à sa mère : « Ils m’ont attaché
les mains et les pieds et ils m’ont injecté une substance au
sommet du crâne. Après l’injection, je n’étais
plus conscient de rien. » Sa mère est allée dire au
médecin que son fils n’avait aucun problème ou
antécédents de maladie mentale. Elle a demandé au
médecin de lui dire quelle substance avait été
injectée à son fils. Le docteur a répondu :
« Quelque chose pour lui éclaircir les idées. Une fois
qu’il aura les idées claires, tout ira bien. »
---
Ils ont
torturé Yu en utilisant une cruelle
méthode de torture appelée «arrêter un
véhicule en freinant». Dans cette méthode de torture, la
personne est forcée de se tenir à environ un demi mètre
d’un mur tout en penchant son corps à moitié avec la
tête orientée vers le mur. Quand la personne reçoit
soudainement un coup de pied par derrière, sa tête cogne contre le
mur. Yu a été soumis à ces
sessions de coups de pieds à plusieurs reprises. Après des
périodes prolongées de cette torture, le dessus de sa tête
présentait de profondes fissures sanglantes. Il a souffert d’une
commotion cérébrale sévère et ensuite d’une
dépression à force d’être si horriblement torturé.
Dans le but d’esquiver sa responsabilité pour les blessures
physiques et mentales de Yu, Qu
Xiufeng, le chef du centre de détention, a
raconté aux gens, «Yu est une bonne
personne et nous le traitons très bien.C’est
dommage qu’il soit devenu fou après avoir pratiqué le Falun
Gong - il s’est lui-même cogné la tête contre le
calorifère».
---
Au camp de
travail pour femmes Shibalihe dans la Ville de Zhenzhou :
Les camisoles de force sont faites de toile fine. Elles sont mises sur le
devant de la victime et sont serrées derrière le dos. Les manches
sont à peu près 10 pouces plus longues
que les bras de la victime, avec des courroies. Les persécuteurs forcent
les pratiquantes fermes de Falun Dafa à porter les camisoles de force,
et leur tirent alors les bras derrière le dos, les croisent et les
attachent derrière leur dos. Puis ils tirent leurs bras par-dessus leurs
épaules jusque devant leur poitrine, attachent les jambes des
pratiquantes et les pendent dans les airs par la fenêtre. En même
temps, ils bourrent la bouche des pratiquantes avec du linge, mettent des
écouteurs dans leurs oreilles et diffusent continuellement des messages
qui diffament le Falun Gong. Selon les témoignages, les bras des gens
qui subissent cette torture se fracturent rapidement, les tendons,
épaules, poignets et coudes se déchirent. Celles qui endurent
cette torture pendant longtemps ont la colonne vertébrale
complètement brisée, et elles meurent en agonie. Le 22 mai 2003,
une pratiquante de Falun Dafa dans la quarantaine a été
torturée de cette façon pendant un jour et une nuit. Le 23 mai,
lorsqu’elle a été libérée de la camisole de
force, son corps était froid. Pour camoufler leur crime, la police a
ordonné à des drogués, et aux criminelles Yan Ping et Fu Jinyu de transporter son corps à
l’hôpital d’à côté pour une piqûre.
Après ils ont déclaré qu’elle était
décédée d’une maladie soudaine et l’ont
rapidement incinérée.
Source :http://fr.clearharmony.net
***
En écrivant
à vos élus et en leur demandant d'intervenir auprès du
gouvernement français, vous agirez efficacement pour faire cesser cette
répression.
Association
Falun Gong France
15 avenue
Ambroise Rendu
75019 Paris