Ces derniers mois ont vu une inquiétante intensification
des tentatives d’étendre la répression du Falun Gong en dehors
des frontières de la Chine, principalement par le biais de désinformation
et de pressions. Exemples et résumé.
Islande
- Les faits : En juin, plus de 100 pratiquants de Falun
Gong ont eu leur visa refusé sur ordre du gouvernement islandais,
ont été détenus en Islande ou ont eu leur embarquement
interdit dans les vols de la compagnie Icelandair. Ces personnes avient été
identifiées au moyen d’une mystérieuse « liste noire
»
Le président chinois était en visite officielle en Islande
à ce moment. Il est personnellement responsable de la campagne de
persécution contre des dizaines de millions des pratiquants de Falun
Gong en Chine. Des dizaines de milliers de personnes ont été
emprisonnées, torturées, autant de familles ont été
brisées, et plus de 450 personnes ont été tuées
en détention. Or, les pratiquants de Falun Gong allaient en Islande,
pas pour eux-mêmes mais pour, d’une manière pacifique et légale,
faire appel à la conscience des gens - donner écho au message
des pratiquants de Falun Gong en Chine
Les mesures prises par le gouvernement islandais, sous pression
du régime chinois, nuisent sérieusement à l’image de
ce pays. Cette mesure viole le Traité de Varsovie sur la liberté
de circulation des personnes, mais surtout est moralement choquante. Il
est grave qu’un pays démocratique ait cherché à faire
taire ceux que le dictateur Jiang Zemin met tout son pouvoir à écraser.
Le peuple islandais l’a bien compris : Au mois de juin, ils étaient
des milliers à manifester á Rehkjavic pour le Falun Gong,
et portaient sur la bouche un baillon noir, symbole du silence que veut imposer
le régime de Jiang.
Des représentants du Falun Gong ont décidé
de se rendre en Islande la première semaine de septembre, pour y
rencontrer des représentants du gouvernement islandais. Ceci doit
être une occasion d’arriver à une meilleure compréhension
mutuelle, et de rattraper l’erreur du mois de juin.
Hong Kong
- Les faits : Le 15 mars dernier, 16 pratiquants de Falun
Gong, dont 4 venus de Suisse, on déployé une banderole à
Hong Kong, en face du bureau de liaison du gouvernement chinois, suite
à l’ordre donné par Jiang Zemin de « tirer à
vue » sur les pratiquants de Falun Gong en Chine. La manifestation
était pacifique et légale. Pourtant, sous la pression des
autorités de Chine continentale, non seulement ils ont été
arrêtés, mais la police de Hong Kong leur a en plus intenté
un procès pour « obstruction de la circulation ». Le
15 août, après un procès décrit comme «
politiquement chargé », le juge de Hong Kong a rendu un verdict
coupable, immédiatement condamné par les groupes locaux de
défense des droits de l’homme.
Sur un territoire dit démocratique, des manifestants
qui n’occupaient que 7m² sur 140m² du trottoir et avaient traversé
la moitié de la planète, simplement parce qu’ils avaient
le vœu de faire savoir, en Chine, que des gens ne devraient pas être
tués pour leur croyance ont été condamnées. Peut-on
alors penser que la justice et l’équité sont garanties à
Hong Kong ? est-ce que n’importe qui, n’importe quand, peut être arrêté,
jugé, condamné, si ses points de vue irritent le régime
chinois ? Aujourd’hui Falun Gong, qui d’autre demain ?
Hong Kong
Les faits : A la date du 29 juin au soir, un total
de plus de 100 pratiquants de Falun Gong originaires de onze pays différents
se sont vus refuser l’entrée sur le territoire par le Service d’Immigration
de Hong Kong. Il s’agissait de 16 australiens, de 2 japonais, de 4 voyageurs
venant de Macao, et d’autres encore des Etats-Unis, de France, de Suède,
de Suisse, de Singapour, de Corée, d’Indonésie, et au moins
70 de Taiwan. Ils y allaient, à la date anniversaire de la rétrocession
de Hong Kong à La Chine, pour pratiquer la méditation et
tenir une veillée à la bougie lors de la visite de Jiang Zemin,
protestant ainsi contre la persécution du Falun Gong sur le continent,
et demandant de l’aide aux gouvernements et aux gens du monde entier.
Le 30 juin, les pratiquants de Falun Gong ont remis une lettre au gouvernement
de la région administrative de Hong Kong, appelant leur gouvernement
à ne pas fouler l’autorité de la loi en se pliant à
la dictature de Jiang. Car ce n’est pas la première fois que le gouvernement
de Hong kong intercepte des pratiquants de Falun Gong à grande échelle.
En janvier 2001, plus de dix pratiquants ont été refusés
après avoir atterri à Hong Kong et été identifiés
comme pratiquants au moyen d'une "liste noire". Des rapports similaires
d’utilisation d’une "liste noire" ont été faits en Lithuanie
et dans d’autres pays européens Durant la récente visite de
Jiang dans ces pays.
"Où dans le monde une protestation pacifique est elle
permise ces temps-ci ?" demande Leeshai Lemish, un pratiquant de Falun Gong
aux U.S. "si un groupe de gens reconnus pacifiques souhaite faire un appel
public, pacifique à un dictateur ayant les vies de centaines de
gens entre ses mains, et que des pays dans le monde mettent en œuvre ses
politiques fourbes selon sa volonté, ne se font-ils pas sciemment
complices des atrocités commises ? Comment cela finira-t-il ? Combien
de gens encore doivent-ils mourir, et combien de gens encore doivent être
affectés avant que la persécution de Jiang ne soit stoppée?
"
Cambodge
- Les faits : Li Guojun et sa femme Zhang Xingi ont été
déportés en Chine par les autorités cambodgiennes
le 9 aout 2002 et sont actuellement en détention dans la province
de Hunan. Ils ont été arrêtés le 2 aout 2002 après
que les départements de l’immigration du Cambodge les ait avertis
que leur présence nuisait aux bonnes relations entre le Cambodge et
la Chine.
En juin, mme Zhang a reçu des livres de Falun Gong par la poste.
On lui a alors refusé le renouvellement de son passeport chinois
au début du mois de juillet ; puis, elle et son mari ont été
brusquement renvoyés de leur poste d’enseignant dans une école
chinoise, poste qu’ils occupaient depuis leur arrivée au Cambodge
en 1998.
Li et Zhang sont des pratiquants de Falun Gong. Ils sont aussi "persons
of concern (sujets d’inquiétude)" sous la protection du Haut
Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR). Leur
déportation vers la Chine le 9 aout 2002, ce qui est une violation
directe de leur statut.
Les autorités cambodgiennes seraient passées outre une lettre
du bureau régional de l’UNHCR à Bangkok demandant la libération
immédiate de Li and Zhang, et les auraient déporté vers
la Chine le même jour.
Li Guojun et Zhang Xingi avaient déposé leur demande
du statut de réfugié, et l'ONU avait accepté d'examiner
cette demande. Le Cambodge, selon la convention sur le droit des réfugiés
qu’il a signée, avait donc l'obligation d’accueillir et de protéger
ces deux personnes pendant l'examen de leur demande – il les a livrées
à leur bourreau.
Tous ces événements récents sont le résultat
de pressions diplomatiques intenses de la part du régime chinois.
Ces pressions sont particulièrement lourdes à supporter pour
de petits pays dont l’économie peut être fortement influencée
par les relations avec la Chine. Malgré tout, ces pays sont mis
face à un choix de principe : d’un côté, se comporter
de façon digne et juste, et même exprimer sa sympathie pour
ceux qui sont persécutés sans raison, rappeler les valeurs
fondamentales des nations – de l’autre côté, aider le régime
de Jiang Zemin à réprimer, se plier aux exigences de tortionnaires.
Plus que jamais, le comportement de chacun est une question de principe, manifeste
ce en quoi il croit véritablement, et sur quoi il base son existence.
http://fr.yuanming.info/123,44,,1.html
pour un dossier complet sur le sujet
Extraits de presse :
CNN / Reuters (20/08/02) Le Haut Commissaire
aux Droits de l'Homme, Mary Robinson a soulevé certaines inquiétudes
lors de sa visite à Beijing à propos de ce qu’elle appelle
"l’angoissante" situation des droits de l'homme en Chine. La Chine a fait
passer des lois durant la dernière année qui augmentent le
pouvoir d’arrestation et de détention et élargissent également
le recours à la peine de mort […] Les membres du Falun Gong et les
minorités Uighur à Xinjiang, une région à prédominance
musulmane du Nord-ouest de la Chine, sont considérées par
Robinson comme les cibles spécifiques de ces nouvelles lois.
South China Morning Post (17/08/02) Le verdict
coupable enregistré contre les 16 manifestants du Falun Gong jeudi
a projeté encore une fois le système légal de Hong Kong
au centre de la scène internationale. On s’est inquiété
ici et outremer que l’accusation et la conviction du groupe d’adeptes, nées
d’une démonstration pacifique devant le Bureau de Liaison de Beijing,
ne soit politiquement motivée. […] Le procès était
sans aucun doute politiquement chargé. Les tensions étaient
intenses tout du long, avec le magistrat émettant des critiques sur
la défense, puis plus tard rejetant une demande de démissionner
parce qu’on pouvait le considérer comme partial.
CNN (Willy Wo-Lap) La critique la plus sévère
sur la façon dont Jiang traite le Falun Gong est qu’il semble utiliser
ce mouvement de masse pour encourager l’allégeance à sa personne.
[…] En déclenchant un mouvement de style Mao [contre le Falun
Gong], Jiang force des cadres à faire un serment d’allégeance
à sa ligne politique.
Bilan du nombre de morts
(1er septembre 2002) : 461
Les dernières victimes
Le corps couvert de cicatrices infectées et un grave
œdème à l’abdomen, Mme Lingxia Wu a été renvoyée
chez elle par les policiers qui l'avaient torturée dans centre de
détention chinois. Ils voulaient se laver de toute responsabilité.
Elle est morte 3 semaines plus tard des suites de ses blessures. Mme Wu
avait 37 ans.
461. Mme Huang Weijun, de la ville de Jieyang, province
de Guangdong, torturée à mort par la police locale
460. Mme Wu Jingfang, de la ville de Jieyang, province de
Guangdong, torturée à mort par la police locale
459. Mme Li Xiaojing, professeur à l’Université
de Guangzhou, torturée à mort lors d’un lavage de cerveau
dans le centre de desintoxication pour drogués de Huangpu
458. Song Huaping, torturé à mort dans le
Centre de détention numéro 1 de la ville de Yingcheng, Province
de Hubei
457. Yang Zhonghai, 34 ans, de la ville de Suiling, province
du Heilongjiang, torturé à mort par la police de Shuguang
456. Zhang Guohua, 25 ans, torturé à mort
dans le camp de travail Boshan Jiugo, ville de Zibo, province du Shandong
455. Mme Wang Xiulan, 50 ans, de la ville de Jilin, torturée
à mort
454. Mme Deng Xiangyun, torturée à mort par
la police de la ville de Hegang, Province du Heilongjiang
453. Mme Wu Lingxia, de la ville de Shuangyashan City, Province
du Heilongjiang, torturée à mort
Liste complète
et récits