L’exemple du mythe de Cao Guo Jiu, un des « Huit Immortels
» taoïstes, illustre à quel point cette notion de travail sur soi, physique,
mental et spirituel, est inhérente à la culture chinoise : Cao Guo Jiu naquit
pendant la dynastie Song ; Il était le fils d’un grand chef militaire et
l’oncle de l’Empereur. Dégoûté par le comportement cruel et tyrannique de son
frère, il distribua toutes ses richesses aux pauvres et partit dans les
montagnes pour « épurer son corps, harmoniser son souffle et s’ouvrir à la
Voie ». Après des années de pratique, ayant obtenu le Tao (la Voie), la
légende dit qu’il redescendit de la montagne et rencontra Hang Zhong Li et Lu
Dong Bin, deux autres des « Immortels ». Comme ceux-ci lui demandaient les
raisons de sa présence, il répondit qu’il était venu chercher le Tao. « Où
est le Tao ? » Cao Guo Jiu, sans dire un mot, indiqua alors le ciel avec
son doigt. « Et où est le ciel ? » Alors, Cao Guo Jiu pointa son doigt
vers son cœur, ce à quoi on put savoir qu’il l’avait réellement trouvé.
Tiré de « Les huit immortels traversent
la mer », roman de la dynastie Ming.
