Chapitre III : La répression (1999-2002)  --- Seconde Partie

    • 6-  La télévision pour dénoncer la répression
            (à venir)

    • 7-  Les pressions du gouvernement chinois hors de Chine   (à venir)





















3 - Résistance pacifique

3-a Manifestations, appels publics

Depuis le jour de l’interdiction du Falun Gong jusqu’à aujourd’hui, les manifestations de pratiquants de Falun Gong faisant appel pour le respect de leurs droits fondamentaux sur la Place Tian An Men n’ont pas discontinué. Généralement par groupe de quelques dizaines, mais parfois seuls ou bien en très grand nombre, les pratiquants ont déployé de banderoles sur lesquelles étaient inscrites « Falun Dafa est bon », ou « Vérité Bonté Patience ». Nous allons dans cette partie revenir sur quelques unes des manifestations dont les médias occidentaux se sont fait l’écho.

Pendant la semaine du 25 octobre au 1er novembre 1999, la presse étrangère à Pékin raconte que de grandes manifestations se succèdent sur la place Tiananmen, au moment où le Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale passe une résolution bannissant et punissant les activités des « cultes pervers » (xiejiao) – Il s’agit en fait d’une pseudo-législation visant à se munir d’un arsenal juridique pour légaliser la répression, et mettant en place des mesures d’application rétroactive. Le président Jiang Zemin, à ce moment en visite officielle en France, donnait à la presse ( journal le Figaro) le résultat du vote avant même que celui-ci soit passé…

En février 2000, à l’époque du nouvel an chinois, plus de 2000 personnes sont arrêtées sur la Place Tian An Men en une semaine ; puis en juin 2000, 1200 personnes en une semaine (15) . Parmi eux, des Américains et des Australiens qui pour la plupart sont relâchés assez rapidement. Les citoyens chinois ont eux fait face à des traitements beaucoup plus cruels.

En avril 2000, le gouvernement chinois reconnaît que les protestations publiques du Falun Gong sur la Place Tian An Men de Pékin sont quotidiennes depuis juillet 1999, malgré tous les efforts pour les empêcher.

Les célébrations du Nouvel An chinois 2000 voient plusieurs douzaines de pratiquants manifester sur Tiananmen (5 février). En février et mars, des informations font état de la mort de quinze pratiquants durant leur garde à vue. Le 19 avril, l’agence de presse Xinhua fait état d’un total de 84 pratiquants condamnés à des peines de prison, chiffre largement sous-estimé. Le 25 avril, malgré des mesures de sécurité draconiennes, plusieurs centaines de pratiquants réussissent à manifester sur la Place Tiananmen pour marquer le premier anniversaire de l’appel du 25 avril.


PEKIN, 22 juil[2000](AFP) - Une centaine de membres du Falungong ont été brutalement appréhendés samedi par la police chinoise place Tiananmen.
Venus de l'ensemble de la Chine, les disciples (…) ont commencé à converger dès l'aube vers l'immense esplanade du cœur de Pékin en petits groupes incognito afin de protester contre l'interdiction de leur mouvement.
Une vingtaine d'entre eux ont été violemment pris à partie par les forces de l'ordre quelques secondes après avoir tenté de déployer une banderole au nord de la place, près de l'immense portrait de Mao Tsé-toung, a constaté l'AFP.
Un manifestant d'une vingtaine d'années, qui refusait de lâcher la banderole, a été vivement frappé par la police et poussé à bord d'une fourgonnette la tête en sang. Il est soudain parvenu à échapper aux policiers avant de se mettre à courir sur la place en criant "le Falungong est bon".
Un garçon, âgé d'une douzaine d'années, a été frappé à coups de pied par les policiers alors qu'il refusait de monter dans la camionnette. Un policier en civil, qui filmait la scène avec une caméra vidéo, s'est joint aux violences sans cesser de filmer.
D'autres policiers se sont rués vers les nombreux touristes qui avaient assisté à la scène, les forçant à ouvrir leurs appareils photo afin d'exposer leurs pellicules à la lumière.
En l'espace de quelques heures, environ une centaine de manifestants -dont plusieurs enfants- ont été interpellés et emmenés vers un commissariat proche de la plus grande place du monde, symbole du régime communiste mais aussi des manifestations de 1989 en faveur de la démocratie.
La répression de samedi est l'une des plus violentes à l'encontre du mouvement, qui combine arts martiaux (sic, ndr) et foi bouddhiste, depuis sa mise hors-la-loi le 22 juillet 1999. Malgré une année de lutte contre un mouvement accusé d'avoir voulu renverser le gouvernement, le régime chinois n'est pas parvenu à éradiquer la secte mystique. (…)
Selon le Centre d'information sur les droits de l'homme et la démocratie, au moins 24 adeptes sont depuis morts en détention à la suite de mauvais traitements (…). Plus de 450 autres ont été condamnés à des peines de prison pouvant aller jusqu'à 18 ans et pas moins de 10.000 envoyés sans procès dans des "camps de rééducation par le travail", une peine d'un maximum de trois ans."

Le 1er octobre 2000, la police arrête plus de 800 manifestants au moment de la commémoration de la Fête nationale. Là encore, les journalistes étrangers sont témoins de brutalités non-dissimulées. De nombreuses personnes sont blessées et transportées inconscientes. Le 10 décembre, cinquante-deuxième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, des dizaines de manifestants sont à nouveau arrêtés violemment.

Le 1er janvier 2001, une grande manifestation a lieu sur la Place Tian An Men. L’AFP estime à au moins 700 le nombre de personnes arrêtées, d’autres sources indiquent qu’il y en aurait eu jusqu’à 1500. La violence policière franchit un nouveau cap ce jour-là.

Les appels publics du Falun Gong sont allés en s’amplifiant, malgré les dizaines de milliers d’arrestations et d’envois en camp de travail. Dans le même temps, d’autres formes d’expression et d’information du public se sont développées, et ont graduellement pris une importance de plus en plus grande : l’information des médias étrangers en Chine, l’envoi à l’étranger d’informations sur la répression , divulguant les cas de torture, les assassinats, et nommant les coupables ; enfin, la diffusion à grande échelle, en Chine, de prospectus d’information sur la persécution du Falun Gong..


3-b Conférences de presse en Chine

La conférence de presse qui a le plus surpris par son courage est celle dont Reporters Sans Frontières fait le récit ci-dessous. D’autres conférences du même genre ont depuis eu lieu, la dernière en date au début du mois de février 2002, quand Levi Browde et Jason Loftus, deux Nord-Américains, ont rencontré la presse dans un hôtel à côté de la Place Tian An Men. Ils ont ensuite été arrêtés.

[Extrait d’un article de Reporters Sans Frontières]
« Le 28 octobre 1999, Falungong réussit à organiser une conférence de presse clandestine pour certains médias internationaux. Une dizaine de journalistes sont présents, notamment des agences de presse étrangères. Les orateurs de Falungong ont tout le temps d'expliquer la nature du mouvement et de dénoncer la répression qui s'est abattue sur eux. Le lendemain, les médias du monde entier se font l'écho de cette conférence de presse. Une véritable humiliation pour les services de sécurité chinois, qui fomentent leurs représailles en conséquence. La police chinoise arrête cinq correspondants de la presse étrangère et confisque leur carte de presse. Au cours de longs interrogatoires, ponctués de menaces, les journalistes se voient reprocher de réaliser des "reportages illégaux". Ils sont contraints de signer une lettre dans laquelle ils reconnaissent avoir agi dans l'illégalité. Au cours des mois qui suivent, la majorité des journalistes étrangers qui s'intéressent à Falungong sont suivis, interrogés et menacés. Un correspondant d'un quotidien américain se souvient : "J'étais suivi en permanence. Parfois de loin, parfois de près. Les policiers se montraient très agressifs. Je ne pouvais même plus travailler ou rendre visite à des amis car j'avais peur de leur causer des ennuis. Mes contacts étaient surveillés en permanence et il m'était impossible de rencontrer des adeptes de Falungong de peur qu'ils ne soient arrêtés." Un autre journaliste basé à Pékin dénonce ces pratiques qui l'obligent encore à "quitter son domicile par la porte de derrière, à se cacher à l'arrière des taxis et à vérifier mille fois si l'on n'est pas suivi avant de rencontrer quelqu'un".
La transmission d'informations, notamment aux journalistes étrangers basés à Pékin, a également conduit plusieurs adeptes en prison. Ainsi, Zhang Xueling, citée dans une série d'articles d'Ian Johnson, le correspondant du Wall Street Journal à Pékin, est arrêtée par la police le 24 avril 2001. Elle est condamnée quelques semaines plus tard à trois ans de camp de travail. Le journaliste du quotidien américain avait rapporté dans un article, qui lui a valu un prix Pulitzer, que la jeune femme avait accusé la police de la province de Shandong (est du pays) d'avoir frappé à mort sa mère, également adepte de Falungong. Ian Johnson n'a pas confirmé que l'arrestation de Zhang Xueling était directement liée à son article, mais il est sûr qu'après avoir reçu le prix Pulitzer pour ses articles sur Falungong, la "police chinoise lui aurait fait la vie impossible à Pékin". Il est aujourd'hui correspondant à Berlin. »

3-c. Actions internationales

Très vite, un réseau de communication s’est mis en place entre les pratiquants de Falun Gong en Chine et à l’étranger, par le biais du téléphone, de l’e-mail et de l’Internet. Ceci est rapidement devenu le moyen rapide d’obtenir des informations sur la répression en Chine, à travers le récit de victimes ou de témoins. Le Falun Dafa Information Center, à New-York, est aujourd’hui la source d’information la plus complète sur cette persécution (http://www.faluninfo.net).

Un grand nombre de pratiquants de Falun Gong en Europe, en Australie, en Amérique, ainsi que des sympathisants, se sont mobilisés pour sensibiliser l’opinion publique et les gouvernements à la gravité de cette répression. Des manifestations regroupant parfois plusieurs milliers de personnes ont ainsi eu lieu à Washington DC, New-York, Genève (pour la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU), Hong-Kong etc. Aujourd’hui encore, la mobilisation ne faiblit pas et les soutiens recueillis sont de plus en plus nombreux, dans toutes les couches de la société.


3-d Nouvelles formes de résistance

En avril 2001, la presse étrangère notait que le Falun Gong avait « modifié ses techniques », la distribution clandestine de tracts, par exemple, prenant davantage d’importance. A l’heure actuelle, la plupart des efforts déployés en Chine pour révéler la perversité et la cruauté de la persécution subie par les élèves de Falun Gong passe par la diffusion de brochures d’information dans les boîtes aux lettres, l’utilisation de diffusions par hauts-parleurs cachés dans les grandes villes, etc.

Ainsi, grâce aux hauts-parleurs, même les pratiquants prisonniers peuvent être informés, à l’intérieur même des prisons, des nouvelles du dehors et de la mobilisation internationale. Dans beaucoup de villes en Chine, il n’est pas rare non plus de trouver au matin des banderoles géantes (jusqu’à 40m de long) accrochées en pleine ville, en signe de soutien.

Les autorités ont adopté une attitude extrêmement sévère face à cela, condamnant à de lourdes peines de prison les personnes diffusant ces documents, et même ceux en ayant en leur possession ces documents qualifiés de « subversifs ». Le 1er mars 2001, un tribunal de Pékin condamnait par exemple 37 pratiquants de Falun Gong à des peines de prison allant jusqu’à 10 ans sous prétexte qu’ils auraient fait circuler des documents recueillis sur l’Internet (16) . Parmi les pratiquants de Falun Gong participant à cette diffusion d’information, nombreux ont été arrêtés et torturés pour qu’il révèlent la cachette de la photocopieuse servant aux impressions et les noms des personnes impliquées. Dans certains cas, la mort a même fait suite :

« A l’aube du 8 décembre 2001, M. He Xingzong, 55 ans, un habitant de la ville de Macheng, dans la Province de Hubei, avait quitté sa maison pour coller des prospectus sur les poteaux électriques du quartier. Ces documents révélaient les violations des droits de l’homme dont sont victimes les pratiquants de Falun Gong. D’après des informations de Chine, M. He avait été repéré par des policiers du commissariat de police Songbu, qui l’ont attaqué… et l’ont tué. Le corps de Monsieur He a été emmené par la police jusqu’à l’hôpital local où le rapport légiste officiel a conclu à une « mort accidentelle » « sans marques visibles ». Cependant, quand la famille de M. He est allée identifier le corps, ils ont vu des traces de main profondément imprimées sur sa nuque, des blessures importantes à l’arrière de sa tête, et que ses testicules étaient écrasés.
Dans un interview téléphonique avec un reporter, un officier de police de la ville de Macheng a affirmé, « Il est mort d’avoir posté des prospectus ». Interrogé sur la manière dont un homme pouvait mourir « d’avoir posté des prospectus », l’officier a commencé à crier et est devenu inintelligible. Il a ensuite raccroché et n’a plus pu être contacté ». Communiqué de presse Falungong du 11/01/02

« Mme Wu a été arrêtée le 6 janvier 2002 alors qu'elle distribuait des prospectus révélant les violations de droits de l'homme dont sont victimes les pratiquants de Falun Gong en Chine. Le 18 janvier, elle a été envoyée dans un centre de lavage de cerveau, où les pratiquants de Falun Gong sont torturés de façon quasi-systématique. Deux jours après, sa famille était informée de son décès.
Conformément aux directives du bureau 610, qui exigent que chaque mort d'un pratiquant de Falun Gong soit qualifiée de suicide, les autorités ont affirmé que mme Wu s'était pendue. Cependant, quand ses proches sont venus identifier son corps, ils ont vu sur elles les preuves manifestes des tortures qu'elle avait subies. Quatre ou cinq marques profondes en dentelle sur sa poitrine témoignaient d'une torture intense par électrochocs. Son visage était tellement battu et gonflé qu'il était difficile de la reconnaître. Ses fesses et ses jambes étaient couvertes de contusions noires. Un de ses fémurs était cassé. Après avoir vu son corps, les proches de Mme Wu ont immédiatement été placés sous surveillance pendant 24 heures, et tout contact avec le monde extérieur leur a été interdit. Même les villages avoisinants ont été bloqués et surveillés.
La mort tragique de Mme Wu est la dernière d'une longue série dans la ville de Weifang, décrite par le journaliste Ian Johnson (Prix Pullitzer 2001) comme "une ville chinoise en tout semblable aux autres, excepté sur un point : la police locale torture régulièrement les citoyens à mort (Wall Street Journal, 27 décembre 2000) » Communiqué de presse Falungong du 29/01/02


3-e Des Occidentaux à Pékin

Venus d’une dizaine de pays différents, une quarantaine de pratiquants du Falun Gong, dont deux français, ont manifesté le 20 novembre 2001 sur la Place Tian An Men de Pékin, en signe de soutien aux dizaines de milliers de personnes incarcérées et torturées en Chine du fait de leur pratique du Falun Gong. Arrêtés avec violence (un nez cassé par un coup de poing, une femme traînée par les cheveux, un jeune homme assommé…), ils ont été expulsés 24h après.

« 35 citoyens de pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, le Canada et l’Europe ont manifesté à Tian An Men par solidarité pour les [pratiquants de] Falun Gong victimes de la féroce répression du régime communiste chinois. Nous saluons l’action de ces activistes, qui en contraste avec l’immobilisme de la communauté internationale – en particulier l’Union Européenne – (…), ont décidé d’agir contre les violations systématiques des droits de l’homme en Asie. Ils représentent la seule présence politique occidentale concrète dans cette région.
Nous nous félicitons de leur action et exprimons notre solidarité à tous ceux qui ont manifesté à Pékin pour soutenir le Falun Gong et dénoncer la cruelle persécution menée par le régime national-communiste de Jiang Zemin. » Olivier Dupuis, Député Européen

En janvier 2002, c’est une canadienne qui, seule, est allée Place Tian An Men déployer une banderole – inscrit dessus : « Falun Dafa – SOS ».

Le 6 février 2002, peu avant la visite du Président George W. Bush en Chine, plus de soixante occidentaux (dont 3 français) font appel sur la Place Tian An Men. D’après les médias présents sur place, les policiers en civil, plus nombreux que d’habitude semblaient prévenus et fouillaient les sacs des touristes. La veille, 14 citoyens anglais et allemands avaient été arrêtés dans leur chambre d’hôtel. Reuters rapporte que des personnes ont été jetées à terre et frappées au visage à coups de pieds et de poings. Une journaliste de l’AFP, arrêtée en même temps que les manifestants, a observé que dans les camions qui les menaient jusqu’au poste de police, des femmes ont été brutalisées sans ménagement.

Ces manifestations sont à la fois courageuses et surprenantes. Depuis la création de la République Populaire de Chine, c’est la première fois que des étrangers viennent sur place protester publiquement contre la situation des droits de l’homme de ce pays.




4 - Panique du régime chinois et intensification des mesures


Revenons aux premiers temps de la répression : après plusieurs mois d’attaque, le Parti a commencé à admettre publiquement qu’il échouait dans sa tentative d’éradication. En novembre 1999, de journaux comme le Quotidien du Peuple, la voix du gouvernement, commençaient à parler d’une résistance persistante et d’une lutte de longue haleine. Face aux premières réactions internationales au vu de la violence de la répression, Li Bing, chef de cabinet de Li Peng, affirmait « il n’y a eu aucune violence ni traitement inhumain », ce que démentaient de nombreux récits concordants et les rapports quant aux tortures. En avril 2000, l’agence officielle Xinhua commençait à reconnaître l’échec de la répression. L’AFP citait un officiel chinois comme ayant dit : « la répression en cours de la secte spirituelle interdite Falun Gong sera une lutte longue et complexe ».

En avril 2000, toujours, le gouvernement reconnaissait 2591 jugements de pratiquants de Falun Gong. Parmi eux, 99 étaient déjà arrivés au stade de la sentence, conduisant à des condamnations allant jusqu’à 18 ans de prison.

Au lieu du dialogue pacifique demandé par le Falun Gong, les responsables de la répression ont intensifié leurs mesures – balayant toutes les critiques sur leurs violations flagrantes des droits de l’homme (les associations humanitaires ont considéré 1999 comme la pire année dans ce domaine depuis 1989 – les suivantes ont malheureusement établi de nouveaux records)

En août 2000, on apprenait que l’équivalent de six millions de dollars avaient été alloués à la construction de camps spéciaux pour les pratiquants de Falun Gong arrêtés... camps de concentration ?


4-a. Le terrorisme d’Etat

Les médias occidentaux, citant des officiels chinois parlant sous couvert d’anonymat, ont indiqué que l’éradication du Falun Gong était devenue le combat personnel du président Jiang Zemin, en désaccord avec une bonne partie de son bureau politique. Il est, avec Luo Gan, l’instigateur de toutes les mesures prises contre le Falun Gong, et le cerveau de la répression.

Ainsi, Jiang Zemin aurait déclaré : « Comment la théorie marxiste que nous possédons, le matérialisme et l’athéisme auxquels nous croyons, pourraient-ils ne pas mettre en échec ces trucs (sic) [moraux et spirituels] défendus par le Falun Gong? Si cela arrivait, ne serait-ce pas une grande farce? »

De même, une phrase est passée dans tous les centres de détention, postes de police, camps de travail en Chine, qui a valeur d’impunité pour les tortionnaires :

« Les cas de torture à mort de pratiquants du Falun Gong ne seront pas punis par la loi. Les cas de pratiquants torturés à mort seront enregistrés comme des suicides. Nul besoin est d’identifier le corps. Il faut incinérer la dépouille sur place. »

La barbarie de la répression ne peut être considérée comme le fait d’actions individuelles ; elle est plutôt une cruauté organisée, planifiée, une politique de terreur visant toutes les couches de la société. Les gouvernements locaux sont récompensés ou punis par Pékin fonction de leurs résultats dans la « réforme » des pratiquants de Falun Gong et de leur capacité à empêcher les habitants de leur Province de se rendre à Pékin pour manifester. Les policiers récompensés et promus sont ceux qui ont pu « réformer ». Or, les méthodes sont toujours les mêmes : privation de sommeil, tortures physiques et psychologiques abominables, lavage de cerveau, viols, punition des proches….

Un organisme faisant partie du Comité politique et judiciaire et dépendant directement du président chinois est devenu l’organe officiel de la répression. Il s’agit du bureau 610 , « le Bureau Principal pour traiter de la Question du Falun Gong. » Il a été établi le 10 juin 1999, est dirigé par Luo Gan, et est la plus haute autorité déployée par Jiang Zemin et ses complices pour persécuter le Falun Gong. Toutes les provinces, villes, régions autonomes et municipalités directement sous le gouvernement central ont un « bureau 610 local » qui dépend du Comité judiciaire et de Jiang Zemin. Ainsi, le Bureau 610 est un système bien organisé et indépendant, qui s’étend du gouvernement central aux gouvernements locaux. Il a un pouvoir absolu sur chaque niveau de gestion du Parti, aussi bien dans les domaines politiques que judiciaires.

Durant les deux années depuis sa création, c’est le Bureau 610 qui a initié tous les complots pour compromettre et persécuter les pratiquants de Falun Gong. De nombreux lieux ont été reconvertis pour détenir illégalement, torturer, voire massacrer les pratiquants de Falun Gong. Ces endroits incluent les camps de réfugiés dépendant des bureaux civils de gestion, les centres de détention dépendant des services de police, les centres administratifs de détention, les centres de réadaptation pour les drogués, les centres de parrainage et de ré-éducation (connus à l’origine sous le nom de « centres de femmes pour améliorer l’estime de soi » dont on se servait pour loger et ré-éduquer les prostituées).


4-b. « Culpabilité par association »

Les familles des pratiquants de Falun Gong sont elles aussi punies par la Loi : dans certaines régions, les enfants de pratiquants de Falun Gong non « réformés » n’ont pas accès à l’éducation et sont renvoyés de leur école, les familles doivent payer des amendes exorbitantes (4 000 à 5 000 yuans en moyenne, presque un an du salaire moyen chinois) si un de leur proche pratique le Falun Gong. Les familles des pratiquants de Falun Gong décédées sont soumises à d’énormes pressions et menaces au cas où elles révéleraient publiquement la cause du décès. Sans ressources, et pour que leur famille ne subisse pas elles aussi la répression, des milliers de pratiquants de Falun Gong ont dû choisir de quitter leur foyer et leurs proches pour errer sans domicile fixe.

« Camarades villageois,
l’ « organisation » Falun Gong a été convaincue du crime d’« opposition au pouvoir d’Etat » par les autorités, et quiconque refusera d’abandonner le Falun Gong sera traité comme un criminel. D’après les principes posés par les autorités, à partir de maintenant, tout pratiquant de Falun Gong qui aura quitté la ville pour faire appel aux départements du gouvernement en dehors de la juridiction et aura créé des troubles devra payer 10 000 yuan après avoir été ramené par la police. Ses abonnements à l’eau, à l’électricité et au téléphone lui seront retirés. Tous ses certificats lui seront également confisqués.
Il sera sévèrement puni par la loi. Tous les membres clé du Falun Gong doivent écrire une lettre garantissant de rompre avec XXX et avec le Falun Gong, donner leur carte d’identité et payer une caution de garantie de 5 000 yuan. Le gouvernement local organisera des cours pour ceux qui refusent de rompre avec l’« organisation » Falun Gong jusqu’à ce qu’ils écrivent la garantie et paient la totalité de la caution.
Si quelqu’un refuse de rompre avec le Falun Gong, le département de police confisquera tous ses certificats d’Etat. De plus, le village ne lui délivrera plus aucun certificat, ni ne lui fournira aucun service. Tous les membres de sa famille proche seront renvoyés de l’école, du jardin d’enfant, des entreprises publiques jusqu’à ce qu’il ait rompu avec le Falun Gong. »
Comité du village Xiao-Jia
18 décembre 1999 (sous scellé officiel)


4-c. Violences, tortures, meurtres

Le 20 décembre 1999, Amnesty International dresse une liste de 77 pratiquants de Falun Gong décédés en détention, dont 42 femmes. A cette date, Amnesty et d’autres sources estimaient à 450 le nombre de pratiquants du Falun Gong ayant été condamnés à des peines de prison, à plus de 600 ceux ayant été envoyés en hôpital psychiatrique, et à environ dix mille ceux ayant été placés en camp de rééducation par le travail. Le nombre de personnes torturées jusqu’à la mort a commencé à augmenter dramatiquement au début de 2001, et la tendance n’a fait que s’aggraver, faisant passer le chiffre des victimes à 327 en décembre 2001, et dépasser les 400 en mars 2002.

Ces chiffres ne sont que l’infime partie d’informations ayant pu filtrer hors de Chine, de même que les différents témoignages de torture ne sont qu’une infime partie de celles ayant réellement lieu en Chine. En Octobre 2001, un officiel chinois haut-placé indiquait anonymement que le nombre de pratiquants de Falun Gong décédés suite aux mauvais traitements dépassait en réalité les 1600.

Ci-dessous est un témoignage reçu par Internet d’une jeune victime de la répression. Chaque jour, le FDIC (www.faluninfo.net) reçoit entre 2 et 5 documents de ce genre :

« Je suis une pratiquante de Falun Dafa de Luoyang, province de Henan. J’ai 33 ans. J’ai commencé à pratiquer le Falun Dafa en 1996. Dans l’après-midi du 13 mars 2001, le département de sécurité de l’usine de tracteurs de Luoyang m’a arrêtée alors que je distribuais du matériel de clarification de la vérité. Dans le bureau du département de sécurité, les gardes m’ont demandé mon nom et mon adresse. Je ne leur ai pas dit. J’ai ensuite été frappée sévèrement par Li Ming, le chef du département de sécurité. Les coups ont cassé l’os de l’annulaire de ma main gauche. Ma poitrine et ma taille étaient couvertes de bleu et de noir comme conséquence de blessures sous-cutanées. Il me frappait et me criait : « Tu mérites d’être battue à mort ! » Après un moment, il a été fatigué. Alors il m’a attachée à une chaise avec une corde, mon visage regardant en haut et mon corps plié en arrière. Ils m’ont gardé attachée comme ça pendant deux heures.
Cette nuit-là, ils m’ont gardée enfermée dans la réserve. A minuit, Li Ming et deux de ses amis dégénérés sont revenus à leur tâche après être sortis pour boire. Il a noté ma bonne apparence et tenté alors de me mettre en colère. Ils m’ont d’abord demandé d’écrire une déclaration disant que je renoncerai à la pratique. Je ne l’ai pas fait. Ils m’ont ensuite demandé d’insulter notre Maître ( Li Hongzhi, le fondateur du Falun Gong) J’ai refusé. Ils m’ont ensuite menacée : « Nous allons t’arracher une pièce de tes vêtements chaque fois que tu diras un ‘non’. » Je n’ai pas dit un mot. Ils m’ont alors arraché tous mes vêtements. Je luttais avec force et essayais de résister. Ils ont utilisé une bande de cuir pour me fouetter et ils ont cogné ma tête contre le mur jusqu’à ce que je perde connaissance. Quand j’ai repris connaissance, ils m’avaient déjà violée collectivement.
Le deuxième matin, j’ai été envoyée dans une classe secrète de lavage de cerveau à Luoyang. Les gardiens ici étaient tous d’anciens criminels. Ils ont divisé les pratiquants de Falun Gong en groupe de cinq et désigné un gardien pour chaque groupe. Celui qui était chargé de mon groupe était Wang Hong,. Il suivait la même stratégie insistant pour que j’écrive une déclaration de renoncement au Falun Gong et ensuite il me battait cruellement lorsque je refusais. Il disait : « Pour chaque jour que tu refuses d’écrire la déclaration, je continuerai à te battre un jour supplémentaire. » Je n’ai jamais cédé à la perversité.
Ensuite ils m’ont forcée à m’allonger sur une table. Ils ont utilisé des bandes de cuir pour attacher mes bras et mes jambes. D’abord, ils ont utilisé leurs ongles pour me pincer à l’intérieur des bras et des jambes. Ils ont ensuite utilisé des agrafes qu’ils ont agrafé sur mes mamelons et mon clitoris. Ils ont même pensé que ce n’était pas suffisant. Pour le plaisir, ils ont introduit un récepteur d'appel dans mon vagin et appelé ce numéro une douzaine de fois pour voir ma réaction. Ils ont ensuite arraché avec force l’appareil de mon vagin. Cela a causé des dégâts et des déchirures à mes parties intimes. Bien qu’ils m’aient torturée à un point où j’étais à peine en vie, les bêtes ne m’ont toujours pas laissée partir. Ils ont sondé mon vagin avec un bâton de police, un bâton électrique et une brosse à dent. Je suis entrée en état de choc plusieurs fois.Ils me versaient de l’eau froide dessus pour que je reste consciente. Finalement, ils ont bourré mon corps à travers mon vagin de pièces de mahjong (pièces d’un jeu chinois fait d’un matériau dur et de forme cubique) et m’ont pendue les pieds en haut pendant toute la nuit.
Ils ont continué à me torturer comme cela pendant six jours entiers et ensuite ma famille a trouvé où j’étais. Ma famille a emprunté une somme de 30'000 Yuan (environ 3'600 euros) de toutes les sources possibles et l' a envoyé à la classe de lavage de cerveau. Ils m’ont finalement relâchée, mais m’ont menacée : « Si tu fais savoir aux gens ce qui se passe ici, tu mourras d’une manière encore pire. »
Les blessures superficielles de mon corps ont seulement commencé à se guérir six mois après que j’ai été relâchée. Mais mes parties génitales externes saignent encore. J’avais peur des représailles de la part de ces personnes perverses, alors je n’ai dit à personne ce qui s’était passé, jusqu’à maintenant »


4-d. La psychiatrie

Les hôpitaux psychiatriques se sont imposés comme un des outils de choix de la répression, ce qui est devenu un sujet d’inquiétude internationale. Le 20 Janvier 2000, Yang Song, porte parole du poste de police de Changguang dans le district Fangshan à Pékin, confirmait par exemple à un journaliste étranger qu’environ 50 pratiquants, principalement des femmes, étaient détenues à l’hôpital psychiatrique de Zhoukoudian près de Pékin. “Ce ne sont pas des patients, ils sont là pour y être éduqués… La plupart d’entre eux sont des extrémistes du Falun Gong qui sont allés à Pékin pour protester au moins 10 fois (17)

L’Association Psychiatrique Américaine, lors de son congrès à Chicago en mai 2000, a discuté de cette question. Le Comité sur les Abus psychiatriques a passé à l’unanimité une résolution demandant aux dirigeants de l’Association Psychiatrique Américaine de faire en sorte que Association Psychiatrique Mondiale enquête sur ce problème (18) . L’intervention de celle-ci a déjà permis dans les années 70 de mettre fin à de telles pratiques en ex-URSS.
Le Docteur Abraham Halpern, professeur émérite en psychiatrie au Medical College de New-York, a pris la tête de ces actions. Il a dit aux journalistes : « le gouvernement [chinois] a besoin d’interner, à tort, des dissidents sans troubles mentaux parce que cela peut les aider dans leurs efforts de dépeindre les pratiquants de Falun Gong, non pas comme des opposants politiques, mais comme des malades mentaux. Et même en hospitalisant un petit nombre d’entre eux, le mot circulera rapidement que les pratiquants de Falun Gong sont fous »

«[…] L’histoire de Su Gang, un informaticien de 32 ans, est dramatique. Il avait été plusieurs fois détenu par le département de sécurité de son entreprise pour avoir refusé de renoncer au Falun Gong. Après avoir été à Pékin protester de l’interdiction du Falun Gong le 25 avril, il avait été arrêté à nouveau ; le 23 mai, son employeur, une compagnie pétrochimique d’Etat, a signé les autorisations nécessaires à le faire interner en hôpital psychiatrique. D’après le père de Monsieur Su, Su Dean, les médecins ont injecté à Su, deux fois par jour, une substance non-identifiée. Quand Su est ressorti une semaine plus tard, il ne pouvait plus bouger ses membre ni se nourrir normalement. Le 10 juin, le jeune homme autrefois en bonne santé est mort d’un arrêt cardiaque. » Washington Post, 22 juin 2000


4-e. Nouvelles accusations

Début 2001, débordées par la persistance et le courage de ces manifestants faisant appel à leur gouvernement de façon pacifique, les autorités ont décidé d’aggraver les accusations portées contre le Falun Gong, celle de groupe religieux illégal étant insuffisante aux mesures répressives prévues.

A cette époque, l’agence Xinhua a donc commencé à accuser les manifestants et le Falun Gong de travailler à la solde des groupes pro-démocratiques, aussi bien que de Taiwan et du Tibet. L’accusation s’est plus tard généralisée en « coalition avec les forces étrangères hostiles ». Etiqueté comme mouvement politique, le Falun Gong pouvait donc commencer à subir des mesures plus drastiques.

Le discours officiel s’est articulé à partir de cette époque sur l’aide extérieure dont le Falun Gong était supposé bénéficier, un discours qui rappelle fortement celui entretenu autour des manifestations du printemps 1989. Les appels des organisations humanitaires, les rapports de presse ou les interventions même indirectes des gouvernements étrangers ont dès lors tous été interprétées comme des indications de soutien à un complot de déstabilisation dont le Falun Gong serait le cerveau ou l’outil. Les rapports d’Amnesty International sont ainsi considérés comme émanant de « forces hostiles ». De la même manière, les manifestations de soutien organisées en Occident par des pratiquants et sympathisants du Falun Gong, l’exposition par des brochures et des communications des violations de droits de l’homme dont sont victimes les pratiquants chinois sont devenues autant de « preuves » pour le régime chinois d’un objectif politique caché. Le Falun Gong pourtant ne cesse de réaffirmer qu’il est opposé à la répression mais pas au gouvernement chinois lui-même, et n’a aucune intention de mêler spiritualité et politique.

En même temps, les autorités ont fait face à cette époque à un problème très sérieux, à savoir le grondement croissant de l’opinion publique. Le nombre de pratiquants de Falun Gong étant si important, peu de chinois n’avaient pas dans leur entourage direct un pratiquant de cette méthode, et savaient donc d’une manière générale très bien à quoi s’en tenir à propos d’eux. Malgré les milliers d’heures de propagande télévisée, beaucoup de citoyens chinois ont commencé à s’indigner des traitements cruels qui leur étaient réservés. Une dépêche AFP de l’époque l’illustre, citant des citoyens chinois présents sur la Place Tian An Men comme criant aux policiers qui arrêtaient des pratiquants de Falun Gong : « mais laissez-les donc pratiquer leurs exercices en paix ! »


4-f Les immolations de la Place Tian An Men

Un événement qui fut extrêmement médiatisé est venu à point pour empêcher cette tendance à se développer. Etant donné la place centrale qu’il occupe dans la propagande chinoise, nous allons en détailler les circonstances : Le 23 janvier, à la veille du Nouvel An chinois, cinq personnes tentent de s’immoler par le feu sur la place Tiananmen. Une personne meurt sur le champ. Deux heures après, à une vitesse surprenante par rapport à ses habitudes, le gouvernement chinois les « identifie » comme pratiquants du Falun Gong et la dépêche en anglais est envoyée à toutes les agences de presse étrangères. Des journalistes de CNN présents au moment de l’immolation sont arrêtés, détenus, et leur film confisqué. Une semaine après, la télévision chinoise commence à diffuser à répétition, pendant plusieurs semaines, un reportage indiquant que 7 (et non plus 5 -sic) personnes ont tenté de se suicider, parmi lesquelles une jeune fille de 12 ans.

Cet événement, que la propagande chinoise utilise encore aujourd’hui abondamment, était une fabrication. Le lecteur intéressé trouvera en annexe un récit détaillé de l’événement, ses points douteux, ainsi que la conclusion sans appel de la Sous-Commission des Droits de l’Homme de l’ONU. L
a vidéo de l'immolation
( avec commentaires en anglais) est également accessible.


La répression et la propagande « anti-secte » du PC chinois se sont renforcées à cette occasion. Le 26 février 2001, 1 600 “combattants” anti-Falun Gong, dont bon nombre de militaires et de policiers, ont été officiellement récompensés lors d’une cérémonie officielle. Les 17 et 18 mars de la même année, une exposition anti-Falun Gong (officiellement organisée par le quotidien Wenhuibao) a été montée à Hong Kong avec grand renfort de publicité, témoignant des efforts du gouvernement chinois pour exercer une main-mise sur Hong Kong. Elle a depuis été exportée en Europe et aux Etats-Unis, mais très mal acceptée, voire interdite, par les différents pays.

Une coalition d’organisations chrétiennes à Hong Kong défendent les droits du groupe spirituel du Falun Dafa pour qu’ils puissent pratiquer leurs activités dans la ville.
Falun Dafa, aussi connu sous le nom de Falun Gong, est légal à Hong Kong, mais le mouvement a subi une pression récemment alors que le Gouvernement de Beijing a demandé aux autorités de la ville de l'interdire. C’est la première fois que Beijing exerce une pression publique sur le Gouvernement de Hong Kong pour qu'il se range sous les politiques du Gouvernement central.
La prise de position par les groupes chrétiens est aussi une première pour l'église catholique qui se prononce pour le Falun Dafa, qui enseigne la méditation [... ]. Le Falun Dafa a été persécuté en Chine comme une "religion perverse", et sa présence à Hong Kong est vue comme test- clé de l'autonomie de la ville.
Mme Yuen a dit que l'Eglise catholique voulait se prononcer parce que, d'autre part : " si un jour l'Eglise catholique est persécutée, alors personne ne nous soutiendra. " Les groupes ont fait appel à Hong Kong et son Gouvernement, de voir, avec tolérance, les pratiquants de Falun Dafa et de leur permettre de critiquer paisiblement le traitement subi par les pratiquants, dans le reste de la Chine.
Wall Street Journal, février 2001


Un événement illustre la tendance accrue de la propagande chinoise à utiliser cette thématique. En juillet 2001, 15 femmes meurent dans le camp de travail de Wanjia. Leurs dents sont cassées, certaines ont du sang coagulé dans les oreilles et des membres cassés… la propagande prétend pourtant qu’il s’agit d’un suicide collectif, accusation qui sera par la suite portée pour presque tous les décès de pratiquants de Falun Gong. Un outil a donc été trouvé pour discréditer le Falun Gong et expliquer les décès ; quelques mois auparavant, en février 2001, Amnesty International faisait déjà remarquer (19) :

"Seulement dans la province de Shandong, 24 pratiquants sont morts dont presque la moitié dans la ville de Weifang, et 15 personnes sont mortes dans la province de Hailonjiang. Toutes sont mortes dans des prisons officielles, ou peu de temps après avoir été libérées, dans des circonstances qui demeurent obscures et la plupart après des rapports de torture et de mauvais traitements. Les efforts actifs des officiels pour couvrir ou détruire l’évidence ont été allégués dans plus d’un tiers des cas. De ces pratiquants, 17 (dont 4 femmes) selon un rapport officiel sont morts en “sautant” alors qu’ils étaient transportés ou interrogés par la police, et 15 (dont 8 femmes) sont “tombés” pendant leur détention, la majorité dans des bureaux de représentants provinciaux à Pékin.
Vingt-six (dont 16 femmes) de ceux qui sont morts ont selon les rapports mené des grèves de la faim durant leur détention, 10 (dont 9 femmes) seraient morts après qu’on ait essayé de les nourrir de force. De nombreux rapports indiquent que l’ingestion forcée de nourriture était menée par des gens sans formation médicale ni expérience, ce qui a causé une détérioration du tube digestif et d’autres complications rapportées comme fatales. De plus 8 pratiquants (dont 5 femmes) sont dits avoir commis des suicides alors qu'ils étaient en liberté, bien qu’il ait été rapporté que plusieurs étaient encore sous la surveillance de la police. "



4-g « Tuez-les sans pitié »

Cet ordre dément est celui qu’aurait personnellement émis Jiang Zemin début mars 2002 concernant les pratiquants du Falun Gong collant des affiches dans la rue. Cet ordre arrive après que, dans la ville de Changchun, trois pratiquants de Falun Gong aient réussi à faire diffuser à la télévision câblée un programme révélant le mensonge des immolations de Tian An Men et d’autres thèmes de la propagande chinoise. L’exécution de ces trois personnes a immédiatement été ordonnée et une grande vague d’arrestations et de tortures a commencé dans le Nord-Est de la Chine. Amnesty International a lancé une procédure d’urgence à ce sujet le 15 mars (20) .




5 - Opposition populaire croissante


Le plus dur à affronter est sans doute un ennemi qui refuse la violence. La persistance et le courage désintéressé des pratiquants de Falun Gong, leurs efforts incessants dans l’information de toutes les couches de la société et dans leur demande de réhabilitation ont fait qu’un grand nombre de personnes ont compris la perversité du mensonge d’Etat en Chine. La description du Falun Gong par le régime et les faits observables sont si radicalement opposés que, après s’être demandé laquelle des deux parties dit la vérité, et laquelle cherche à déformer les faits pour justifier ses actions, on se rend forcément compte de la réalité de la situation en Chine : des millions de personnes, bien que cruellement persécutées, restent pacifiques, bienveillantes, et montrent un véritable modèle de courage et d’altruisme. Hors de Chine, des milliers de pratiquants de Falun Gong pour les aider donnent toute leur énergie, consacrent leurs soirées, leur week-ends et leurs vacances à travailler pour que la liberté de conviction soit respectée en Chine, pour que des innocents ne doivent pas mourir à cause des ambitions égoïstes de certains de leurs dirigeants.

Les réactions internationales et les messages de sympathie se multiplient partout dans le monde, venant de députés, de ministres, de Prix Nobel, d’artistes…
Et, plus important encore, en Chine, les citoyens commencent à comprendre. Le travail de fond des pratiquants de Falun Gong sur place, qui ont mis au grand jour les mensonges de la propagande et la persécution, font que le cœur de nombreux Chinois change. Gravement trompés par l’événement des immolations de Tian An Men, les Chinois qui aujourd’hui apprennent qu’ils s’agissait d’une mise en scène ne peuvent plus croire la propagande, parlent entre eux, se scandalisent. Les organisateurs de cette persécution ont la violence comme outil, mais plus le soutien du peuple Chinois. On ne peut donc aujourd’hui qu’agir avec plus de détermination pour faire cesser les massacres.


6-  La télévision pour dénoncer la répression  
 (à venir)

7-  Les pressions du gouvernement chinois hors de Chine  

 

TAM2








ZhaoXin2
















































































































































































nov2001TAM


 






Des occidentaux sur la place Tian An Men

ConnieChipkar
 








Ellsmore_TAM








































































































Panel






 





tortures

























wang lixuan












Un symbole douloureux :
Wang Lixuan, 33 ans et son bébé de 8 mois, torturés à mort dans le camp de Tuanhe. Mme Wang a eu les vertèbres cervicales brisées et son enfant, pendu par les pieds, a été battu à mort. Mme Wang était allée à Pékin faire appel de l’interdiction du Falun Gong [nouvelle reçue par le FDIC au printemps 2001]