Interview du Président de l
'Association Falun Gong en France par la revue Ethique et Population
I. Qu’est-ce que le Falun Gong ?
Le Falun Gong est une méthode d’hygiène de vie
constituée d’exercices pour la santé et d’un travail sur
soi . C’est ce qu’on appelle un Qigong, comme les exercices de Tai Chi
, ou de Yoga en Inde.
Il est basé sur les trois principes boudhistes «
Authenticité, Compassion, Tolérance ».
Ce type de pratique du corps et de l’esprit est profondément
ancré dans la tradition chinoise. Quand cette méthode a
été présentée en Chine en 1992, elle a
été encouragée et même promue par l’Etat
chinois. Les dirigeants voyaient alors dans le Falun Gong un moyen de
stabiliser la société, d’atteindre la paix sociale en
remontant le critère des valeurs morales. Et cette pratique a
bien vite dépassé toutes les autres en terme de
popularité.
.
II. Le parti communiste chinois accuse le Falun Gong d’être
une secte, d’avoir entraîné « la mort de quelque 1
400 personnes dont 136 se sont suicidées afin de “se
détacher de la vie et de la mort”, absurdité
prônée par Li Hongzhi », d’exercer
illégalement la médecine. Elle lui reproche de
prêcher « le culte du gourou,d’ exercer un strict
contrôle spirituel sur les adeptes, de s'approprier des biens des
adeptes, etc. » Bref, pour les autorités chinoises, le
Falun gong qui « a toutes les caractéristiques des autres
sectes du monde, est une secte typique ». Sur quoi le
gouvernement chinois se base-t-il pour affirmer cela ? Est-ce vrai ?
(les citations sont extraites du site internet de l’ambassade de Chine
en France)
C’est un curieux changement d’attitude quand on pense que, en mars
1995, l’Ambassade de Chine à Paris avait officiellement
invité Monsieur Li HongZhi, le fondateur du Falun Gong, pour
donner la première conférence de Falun Gong en France. Du
jour au lendemain, en juillet 1999, le Falun
Gong s’est vu accolé l’étiquette de secte en Chine. Pour
ce
qui est des accusations, le gouvernement chinois profite en fait
principalement de son privilège de pouvoir contrôler
totalement l’information. Amnesty International a mentionné dans
son rapport de mars 2000 que les accusations de mort liées au
Falun Gong étaient très douteuses, surtout du fait que le
gouvernement chinois n’a jamais voulu
autoriser une enquête indépendante. Nous rajouterons que
jamais
avant que la répression ne commence personne n’avait entendu
parler
de décès liés au Falun Gong. Pourquoi, en une
journée,
plus de 1000 ?
Les suicides sont contraires à l’enseignement de Falun Gong,
dont un des principes de base est le respect de la vie, celle des
autres aussi bien que la sienne propre. Le Falun Gong n’a pas non plus
de vocation thérapeutique. Il a toujours été dit
par le fondateur du Falun Gong que cette méthode n’a pas pour
but de se soigner mais de « cultiver son cœur » - une
personne vraiment malade doit aller immédiatement à
l’hôpital.
En août 2001, la Sous-Commission des Droits de l’homme de l’ONU,
en réponse à la propagande chinoise, a
déclaré
que les seules morts connues de pratiquants de Falun Gong sont dues non
pas au Falun Gong mais aux brutalités policières. Enfin,
contrairement aux accusations du régime chinois, Monsieur Li
Hongzhi est difficilement comparable à un gourou : il refuse les
formes traditionnelles chinoises de manifestation du respect des
élèves vis-à-vis de leur enseignant, et a toujours
également refusé toute forme d’aide financière de
la part de ses élèves. Il a voulu faire du Falun Gong une
méthode sans rite ni formalisme religieux, quelque chose de
libre, d'ouvert et d'accessible à tous. On apprend les exercices
sans s’inscrire ni payer d’argent. Ce sont d’anciens
élèves qui montrent les exercices
bénévolement aux gens qui souhaitent apprendre, dans des
jardins publics.
En conclusion, le régime de Jiang Zemin se base principalement
sur sa nécessité de légitimer la
répression, et
fabrique à volonté les éléments dont il a
besoin.
L’exemple de ce qui a été appelé les
«immolations
de Tian An Men » est l’exemple le plus flagrant. Il est
attribué
au Falun Gong par la propagande chinoise, mais l’analyse vidéo
réalisée par la Sous-Commission des Droits de l’Homme
à l’ONU a pu montrer qu’il s’agissait d’une mise en scène.
III. Quelles sont les méthodes de répression
(violence, camps de travail, hôpitaux psychiatriques, tortures,
etc.) employées par les autorités pour opprimer les
adeptes du Falun Gong ?
Les violences physiques d’abord : contre les femmes qui
pratiquent le Falun Gong, les policiers pratiquent viols
systématiques, collectifs, parfois à l’aide de matraques
électriques. Pour certaines,
ils leur percent les seins à l’aide de fils de fer et leur
introduisent dans les parties génitales des substances acides.
Aux hommes comme aux femmes on peut arracher les ongles ou leur
insérer des piques
de bambou en dessous des ongles. Dans les hôpitaux psychiatriques
où on interne certains de force, sur le modèle de
l’ex-URSS, les employés médicaux injectent des drogues
neurotoxiques qui rendent dépressifs, inconscients ou
transforment les « patients » en de véritables
légumes.
Les policiers forcent aussi les condamnés de droit commun
à torturer les pratiquants de Falun Gong. On a pu voir des
criminels libérés avant le terme de leur peine parce
qu’ils s’étaient montrés exemplaires dans cette sinistre
tache.
Un organisme d’Etat a été créé, le Bureau
610, pour organiser la répression à tous les niveaux de
la société. Cet organisme a le pouvoir d’agir au dessus
des lois, sans avoir à rendre compte à l’Assemblée
du Peuple.
Les méthodes de répression pratiquées par le
régime chinois contre les gens qui pratiquent le Falun Gong,
sont aussi étendues à leur famille, à leurs
proches, à leurs collègues de travail et aux
supérieurs de leur entreprise. Tout est mis en
œuvre pour que l’on ne puisse plus pratiquer la méthode sans
risquer
d’être dénoncé. De la même manière que
durant ces années là on devait critiquer Confucius
publiquement,
au travail et dans les journaux, on encourage aujourd’hui les
employés
à commencer leurs réunions de travail en diffamant le
Falun
Gong et son fondateur.
.
IV. A ce jour, 400 adeptes (année 2002, ndwm) du Falun
Gong sont morts des suites d’épouvantables tortures. D’autres
ont été déportés dans des
camps de travail. D’autres encore sont emprisonnés dans des
hôpitaux psychiatriques. Cela n’empêche pas le mouvement
Falun Gong de continuer ses activités. Comment cela se
passe-t-il ? Comment trouve-t-il le courage de résister ?
Oui, en Chine des gens continuent de sortir, d’aller faire appel Place
Tian An Men ou de diffuser avec une grande ampleur des prospectus
révélant le mensonge d’Etat. Ils le font toujours dans le
respect des lois et de
la constitution de leur pays. C’est sans doute le plus large mouvement
de
résistance pacifique de toute l’histoire de la Chine. Pour la
première
fois de l’histoire du régime communiste chinois, la
persécution
rencontre une force tranquille devant laquelle elle est impuissante.
Comment trouver la force de résister ainsi ? Par compassion pour
les oppresseurs, qui par leur cruauté se font en
réalité du mal à eux-mêmes, et par
compassion pour ceux qui sont trompés par les mensonges de la
propagande. C’est dans les principes d’Authenticité, de
Compassion et de Tolérance que les pratiquants de Falun Gong
trouvent cette force de rester pacifiques, mais fermes dans leur
conviction et résolus à faire changer les choses.
V. Pourchassés en Chine, les adeptes du Falun Gong sont
également pourchassés à l’extérieur de la
Chine. Pouvez-vous
nous en dire plus ?
Pour les ressortissants chinois en Europe, la conséquence de
pratiquer le Falun Gong est bien souvent d’être assailli de coups
de téléphone anonymes, voire même de recevoir des
menaces de mort. Cela signifie aussi être présenté
en Chine comme un « ennemi
de la Nation », avoir sa famille inquiétée par la
police. Cela signifie encore être ne pas pouvoir renouveler son
passeport,
devoir demander l’asile politique pour rester en situation
légale,
devoir rester loin de son propre pays et de ses proches.
Pour un restaurateur parisien qui n’avait pas suivi les «
conseils » de représentants de l’Ambassade de Chine, cela
a signifié voir son restaurant saccagé après avoir
participé à une manifestion de soutien au Falun Gong.
Pour tous, c’est voir les ambassades de Chine diffuser largement leur
propagande mensongère aux gouvernements et aux médias,
diffamer le Falun Gong et ceux qui le pratiquent, et ostraciser des
citoyens occidentaux dans leur propre pays.
VI. Comment peut-on venir en aide aux adeptes du Falun Gong ?
Par un soutien moral avant tout. Des politiques en Occident, des
organisations humanitaires, condamnent déjà la
répression par des
déclarations publiques, des pétitions, lors de forums, de
conférences
de presse etc. Tous les moyens d’effacer les effets négatifs de
la
propagande organisée par le régime chinois en Occident
sont
les bienvenus. Chaque prise de position juste de la part de
personnalités
politiques a un poids. Car cette persécution n’est pas le fait
du
gouvernement chinois entier, mais de quelques hauts responsables -
contre
l’avis de tous les autres. Chaque initiative est précieuse car
elle
fait reculer un peu plus le président chinois dans son
entreprise
de terrorisme d’Etat.