Le point de vue de :




Questions à Georg Schmid, spécialiste des sectes
auprès des autorités du canton de Zurich (Suisse)

Interview de Bettina Sticher parue dans le quotidien Zürcher Oberländer du 16 août 2002

- M. Schmid, le Falun Gong est-il une secte ?
- Falun Gong est – vu au sein des traditions bouddhiques et taoïstes – un mouvement de méditation normal, mais de grand impact, comparable à la structure du tai-chi dans le sens où les mouvements extérieurs sont liés à une transformation intérieure. Le Falun Gong est fortement concentré sur un maître. Du point de vue de la tradition chinoise ou japonaise, c’est tout à fait normal, alors que chez nous en Occident, cette relation est taxée de sectaire. Pourtant, les pratiquants du FLG ne se conduisent pas en missionnaires, leur organisation est relativement souple. Dans sa structure de groupe, le FLG n’est pas sectaire. De même il n’a aucune démarcation ou diabolisation envers le monde occidental. Ses pratiquants admettent la critique et ne sont pas fanatiques. Sur tous ces points, le FLG ne peut pas être décrit comme une secte.
Précisément en Chine, les pratiquants du FLG sont persécutés, alors que chez nous ils ont toujours plus d’adeptes
Dans notre désaccord avec la Chine, nous sommes clairement du côté du FLG. L’Occident est un pays spirituellement sous-développé. L’Orient peut lui apporter une " aide au développement." La diffusion de religions et pratiques de méditation extrême-orientales a déjà eu lieu chez nous au 19e et au 20e siècle avec l’engouement pour le bouddhisme et le yoga.

- Pourquoi tant d’Européens ne cherchent plus leur expérience spirituelle auprès de la foi chrétienne?
- Nos autorités ne jouent plus, pour beaucoup, un rôle crédible. L’expérience du nazisme et de l’Allemagne hitlérienne a suscité de grandes angoisses. Chez nous règne donc un manque de personnes charismatiques. Les paroles de Me Li n’ont pas une telle charge. Ce qui vient d’ailleurs n’est pas chargé. Il est intéressant de voir d’ailleurs qu’en Chine, les groupes chrétiens sont très actifs. On peut dire que l’Est devient plus chrétien et l’Ouest plus oriental.

- Le FLG a d’abord été encouragé en Chine. Pourquoi ce retournement?
- Après l’effondrement de l’URSS, les mouvements spirituels comme le FLG ont été encouragés en Chine. C’est le cas aussi pour les mouvements chrétiens. On pensait pouvoir ainsi tenir les gens tranquilles. Cependant les communistes se sont trouvés en difficulté dans leur rapport avec les religions. A un certain moment, le gouvernement chinois a eu le sentiment que le FLG était contre Pékin. Comme Me Li s’est ensuite éclipsé aux Etats-Unis, ce sentiment s’est renforcé. A cela s’ajoute le fait que beaucoup de gens du Parti pratiquaient le FLG. L’impression s’est fait jour dans le gouvernement que ce mouvement avait des fins politiques.


La position de la MILS


mils

                                Texte de l’émission TV de France 3 – émission 19/20 - le mercredi 3 octobre 2001

M. Henri Pierre Debord, un des représentants de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (MILS) s’exprime en ces termes :

« Le Falun Gong ne peut pas être considéré comme une secte, la partie visible de ce mouvement, ce sont des exercices physiques réalisés en commun qui regroupe, la plupart du temps, des personnes d’origine asiatique auxquelles se joignent des Européens. C’est évidemment trop tôt pour avoir une idée exacte de ce phénomène. Ce qu’il convient de dire, c’est qu’en aucun cas les agissements répréhensibles et les comportements frauduleux de l’Ecole n’ont été repéré dans notre pays. »